Les dangers d’une société sans moyens de paiement anonymes (1ère partie)

Au nom de la lutte contre le terrorisme, au nom de la lutte contre le blanchiment d’argent, au nom de la sécurité de nos enfants, nous nous dirigeons docilement vers un régime de surveillance financière de masse.

Et alors me direz-vous ? Faudrait-il davantage de morts, de blessés et de drames pour que nous réagissions enfin ? Il s’agit de la sécurité du pays, de la sécurité de millions d’innocents. Au diable la vie privée !

STOP ! Je vous arrête tout net. La réalité est différente. Il ne s’agit pas de troquer un peu de vie privée contre un peu de sécurité. Il s’agit de sacrifier avec certitude sa vie privée sans aucune garantie en retour d’accéder à une société plus sûre. De fait, ce régime de surveillance financière de masse vers lequel nous nous dirigeons en chantant risque de tous nous mener vers une société à la fois moins libre et moins sûre. De grâce pensez-y !

Le Narratif :

– «Nous devons priver les terroristes des ressources qu’ils utilisent pour commettre leurs crimes odieux […]. Il est essentiel que nous collaborions sur la question du financement du terrorisme pour obtenir des résultats et protéger la sécurité des citoyens européens. »  

– « Nous voulons améliorer la surveillance des nombreux moyens financiers utilisés par les terroristes, de l’argent liquide aux objets culturels en passant par les monnaies virtuelles et les cartes prépayées anonymes, tout en évitant de faire inutilement obstacle au bon fonctionnement des paiements et des marchés financiers pour les citoyens ordinaires qui respectent la loi.»

Extrait du plan d’action de la Commission européenne contre le financement du terrorisme, déclarations respectives de Frans Timmermans et de Valdis Dombrovskis, vice-présidents de la Commission européenne, le 2 février 2016.

L’enfer sécuritaire est pavé de bonnes intentions, ou au minimum de beaux discours. Malheureusement, s’acharner contre les moyens de paiement anonymes au prétexte que les criminels s’en servent c’est se tromper de cible. C’est se laisser aveugler par la colère ou la peur et tomber dans une logique totalitaire qui omet toute une partie de la réalité. J’ai déjà combattu ce type de raccourcis dans un article consacré à Bitcoin et au terrorisme, j’y reviens brièvement.

Une réalité tronquée :

  • D’une part, les moyens de paiement anonymes permettent aussi de préserver la vie privée et la sécurité des citoyens honnêtes. Ne pas donner son identité, l’adresse de son domicile et tous les chiffres de sa carte bancaire à n’importe qui, c’est encore la meilleure façon d’éviter les ennuis. A ce titre, priver les citoyens honnêtes de moyens de paiement anonymes, comme le cash, c’est les priver d’un moyen de protection simple et ancestral, il ne faut pas l’oublier ! J’y reviendrai dans le prochain article.
  • D’autre part, s’il fallait interdire ou surveiller tout ce qu’utilisent les terroristes on pourrait absolument tout interdire ou surveiller. C’est une logique totalitaire stérile.
    Les terroristes conduisent des voitures, communiquent avec des téléphones portables, surfent sur Internet, ils regardent la télé, certains lisent des livres, souvent sacrés, ils vivent dans des maisons, des appartements, ils s’y cachent, ils y complotent, ils y conspirent… Faut-il pour autant nous forcer à vivre dans des maisons sans volets ni serrures ? Interdire l’accès à toute source d’information à moins qu’elle n’ait été accréditée, jugée conforme ? Faut-il que toutes nos conversations et nos recherches Internet soient espionnées et conservées ad vitam aeternam par des cellules de renseignement sans visages ? Ou faut-il encore que tous nos déplacements soient géolocalisés et que le moindre de nos achats soit archivé ? Est-ce cela le prix à payer pour vivre en sécurité ?

1984-dystopia

Pour éviter que cette dystopie ne devienne notre réalité quotidienne, il est nécessaire de résister aux promesses de sécurité qui ne seront pas tenues, car dans leurs sillons ce sont nos libertés élémentaires qui seront sacrifiées. Ironie du sort, c’est exactement ce que souhaitent les terroristes !

Bruce Schneier, grand écrivain et cryptologue américain, éminent spécialiste des problématiques de sécurité et de vie privée, ayant notamment étudié l’impact des mesures sécuritaires établies aux USA à la suite des attentats du 11 septembre 2001, résume bien la situation :

Malgré la rhétorique anxiogène qui affirme le contraire, le terrorisme n’est pas une menace transcendante. Une attaque terroriste ne peut pas détruire le mode de vie d’un pays ; c’est seulement notre réponse à cette attaque qui peut faire ce genre de dégâts. Plus nous dévoyons nos propres lois, plus nous convertissons nos immeubles en forteresses, plus nous réduisons nos libertés et les libertés à l’origine de nos sociétés, plus nous faisons le travail des terroristes à leur place.

Mais revenons-en à notre problématique de surveillance des moyens de paiement.

Comment juger de l’opportunité d’une nouvelle politique de surveillance ?

Méthodologie :

Pour analyser la pertinence de la politique de surveillance financière de masse voulue par nos élites, reprenons la méthodologie de Bruce Schneier :

La première question à se poser à propos de toute nouvelle mesure de sécurité c’est : quel problème résout-elle ? La seconde : quels problèmes engendre-t-elle, en particulier quand elle échoue.

Dans notre cas, cela revient à se demander dans un premier temps si la politique de lutte contre les moyens de paiement anonymes est efficace pour combattre le terrorisme et protéger la sécurité des citoyens honnêtes. Autrement dit, cette politique a-t-elle une chance de résoudre les problèmes auxquels elle prétend s’attaquer ?

Enfin, il ne faut pas oublier d’évaluer les effets secondaires d’une telle politique. En particulier les nouveaux risques qu’elle engendre, comme la centralisation des données sensibles et le risque accru de vol d’identité et d’abus de pouvoir qui en résulte.

Au final, il s’agit en quelque sorte d’appliquer l’un des fameux adages de Winston Churchill :

Aussi belle soit la stratégie, vous devriez de temps en temps regarder ses résultats.

Winston Churchill

La comédie sécuritaire, (theater security).

Suivant la méthodologie de ce cher Bruce Schneier essayons donc de répondre à la première question qui mérite d’être posée :

La politique de lutte contre les moyens de paiement anonymes est-elle efficace pour combattre le terrorisme et protéger la sécurité des citoyens honnêtes ?

Sans effet chez les voisins :

Une première approche intéressante consiste à étudier les résultats obtenus par tous ceux qui ont déjà essayé la méthode ou qui s’en sont approchés. À ce propos, écoutons Carl Ludwig Thiele, membre du conseil de la Bundesbank, la banque centrale allemande, un homme direct :

“Comment les restrictions sur les paiements en espèces limitent-elles la criminalité dans les autres pays ?
Je ne suis pas au courant que dans les pays avec des restrictions sur les paiements en espèces, comme l’Italie ou la France, la criminalité soit proportionnellement plus faible que dans les pays sans limite supérieure [comme l’Allemagne].”

Extrait d’un discours magistral de Carl Ludwing Thiele membre du conseil de la Bundesbank en défense des paiements en espèces. Le 13 avril 2016.

Les statistiques d’Eurostat confirment les propos du banquier central allemand; malgré l’absence de plafonnement des paiements en espèces en Allemagne et en Autriche, ces deux pays n’ont rien à envier à la France ou l’Italie en termes de criminalité.

Autre exemple frappant, malgré les pressions exercées par le GAFI[1], Hong Kong n’impose aucune limite sur les paiements ni le transport d’espèces. Ce qui signifie que n’importe qui peut passer la frontière hongkongaise avec 100 000€ ou plus en liquide et dépenser des sommes folles en espèces sur le territoire sans jamais être inquiété ni fouillé au corps par les autorités locales[2]. Eh bien malgré cette politique que certains jugeront inconsciente, la criminalité dans ce pays est l’une des plus faibles au monde, bien inférieure à celle de la France, comme en témoignent régulièrement les rapports de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).

La première vérité oubliée qui ressort de ces observations c’est que les gens honnêtes ne se transforment pas subitement en dangereux sociopathes dès qu’ils ont accès à des moyens de paiement anonymes. Autrement dit, ce ne sont pas les moyens de paiement anonymes qui engendrent la violence dans la société ! Il existe des pays qui ne plafonnent pas les paiements en espèces et qui ne sombrent pas pour autant dans le chaos.

Les causes de l’insécurité sont à chercher ailleurs : problèmes de justice, de police, d’éducation, de désœuvrement, autant de problèmes qu’une suppression des moyens de paiement anonymes ne résout pas. Ce qui m’amène à mon second point : la suppression des moyens de paiement anonymes ne fera pas disparaître la criminalité et on peut même douter qu’elle la réduise.

Sans effet sur les causes profondes :

Comme les attentats de Nice l’ont prouvé, même sans cash et sans anonymat, même en état d’urgence, les terroristes continuent d’exister et d’être dangereux. Ils peuvent toujours présenter un permis de conduire en règle délivré par la préfecture, louer un camion en payant par carte bancaire ou par chèque et aller écraser des innocents avec. Autrement dit, les kamikazes n’arrêteront pas de se faire sauter et les terroristes n’arrêteront pas de commettre des attentats parce que les paiements en espèces ou en bitcoins sont interdits.

Et il en va de même pour tous les psychopathes violents qui créent de l’insécurité, de la vraie. Puissiez-vous interdire jusqu’à l’existence même de la monnaie, les cambrioleurs seront toujours intéressés par votre iPhone ou vos bijoux, les racketteurs trouveront encore vos fringues à leur goût, votre carte bleue ne vous protégera pas de la ratonnade, quant aux violeurs, aux tortionnaires et aux tueurs, votre portefeuille n’est qu’un bonus !

Ce n’est pas un discours fataliste, c’est une réalité ! On ne résoudra pas les problèmes d’insécurité de notre pays sans s’attaquer à leurs causes profondes :

Autant de problèmes que la lutte contre les moyens de paiement anonymes ne résout pas et raison pour laquelle il est peu probable qu’elle fasse baisser la criminalité.

“Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore.”

Aldous Huxley

Cette stratégie politique est d’autant plus navrante que les pays qui font des choix inverses, à savoir :

  • S’attaquer aux causes premières de l’insécurité et du terrorisme : disposer d’une justice et d’une police efficace, d’une éducation performante, d’une économie compétitive offrant des perspectives d’emploi, d’une politique étrangère pacifique etc.
  • Ne pas limiter l’accès à des moyens de paiement anonymes : paiements en espèces non plafonnés.

Ces pays-là obtiennent de très bons résultats en terme de sécurité ! À l’exemple de Hong-Kong notamment.

De là à conclure que la politique de lutte contre les moyens de paiement anonymes s’apparente à ce que Bruce Schneier qualifie de comédie sécuritaire (Security Theater), à savoir des mesures de sécurité ostensibles destinées à donner au public une impression de sécurité sans pour autant améliorer la sécurité réelle du public, il n’y a qu’un pas…

Mais passons, admettons que ces mesures soient efficaces, au moins un minimum. Elles peuvent effectivement dissuader certains criminels de passer à l’acte, peut-être pas les plus dangereux déterminés à frapper quelles qu’en soient les conséquences, certainement pas les mieux informés capables de contourner la surveillance, mais quand même quelques-uns.

Le gambit sécuritaire.

Malheureusement, une mesure de sécurité parfaitement efficace n’est pas forcément heureuse ni souhaitable pour autant ! Par exemple, stopper tout le trafic aérien et maintenir indéfiniment les avions au sol dans le but d’éviter qu’un attentat du type 11 septembre 2001 se reproduise est certainement efficace, ce n’est pas une solution acceptable pour autant. Le sacrifice demandé est trop important. C’est l’un des apports majeurs de Bruce Schneier : tout gain en sécurité implique toujours une sorte de compromis, que ce soit en terme d’argent, de temps, de confort, de capacité, de liberté etc. Sécuriser sa maison au moyen d’un verrou suppose par la suite d’en conserver la clé et de devoir s’en servir à chaque fois que l’on rentre chez soi. Utiliser un mot de passe pour sécuriser l’accès à ses e-mails suppose par la suite de le retenir et de le taper à chaque connexion etc.

Le corollaire fondamental de cette observation c’est qu’il est impossible de juger de la pertinence d’une mesure de sécurité, fût-elle efficace, sans considérer avec attention les sacrifices qu’elle nous impose.

Pour paraphraser Bruce Schneier :

Cela ne fait aucun sens d’apprécier une mesure de sécurité simplement en termes d’efficacité. « Cela est-il efficace contre une menace ? » est la mauvaise question à poser. Il faut se demander : « est-ce un bon compromis ?» Les gilets pare-balles marchent bien et sont très efficaces pour arrêter les balles. Pourtant, pour la plupart d’entre nous, vivant dans des pays industrialisés respectueux du droit et relativement sûrs, en porter un n’est pas un bon compromis. Le gain de sécurité n’en vaut pas la peine : ça n’en vaut pas le prix, l’inconfort, ou le côté inesthétique. Déménagez dans une autre région du monde et vous pourriez reconsidérer ce compromis.

Voilà pourquoi même en supposant que la lutte contre les moyens de paiement anonymes soit efficace pour juguler la criminalité et le terrorisme, cela ne nous dispense pas pour autant de répondre à la seconde question de Bruce Schneier, celle que personne ne pose jamais alors même qu’elle est capitale :

Quels sont les inconvénients d’une politique de surveillance de masse des moyens de paiement ?
En particulier, quels sont les risques que cette politique fait peser sur chacun d’entre nous ?

Conclusion :

Pour justifier le déploiement d’une surveillance financière de masse nos bienveillants technocrates rappellent sans cesse que les moyens de paiement anonymes peuvent-être utilisés par les terroristes pour « commettre leurs crimes odieux ».

Fort bien, cette affirmation angoissante est exacte, les terroristes utilisent le cash, internet, les téléphones portables, ils prennent les transports en commun et se serviront immanquablement un jour de Bitcoin et des protocoles de registres distribués (alias ces fameuses blockchains). Il n’en demeure pas moins que le raisonnement et le remède proposé par nos technocrates sont à la fois réducteurs et terriblement dangereux !

D’une part, la lutte contre les moyens de paiement anonymes est aveugle. Elle affecte indistinctement les innocents et les criminels. Au final, suivant cette politique, au même titre que les terroristes, les citoyens honnêtes n’auront plus accès aux moyens de paiement qui leur permettaient de préserver la confidentialité de leurs transactions et de protéger leur vie privée. D’ailleurs dans la pratique, il est vraisemblable que cette politique impactera en premier lieu les gens honnêtes qui respectent la loi par opposition aux criminels qui ne la respectent pas et n’ont pas l’intention de s’y plier.

D’autre part il n’est pas prouvé que cette politique soit efficace. Il existe de nombreux contre-exemples de pays dans lesquels les paiements en espèces sont très peu contrôlés et qui ne connaissent pas pour autant une criminalité exacerbée. Surtout, cette politique ne traite en rien les causes profondes de l’insécurité et de la violence dans notre société (problèmes de justice, de police, d’éducation etc.).

Enfin, et c’est l’aspect crucial sur lequel je reviendrai dans le prochain article, tous ceux qui proposent ces mesures de surveillance ne se donnent jamais la peine d’en étudier les conséquences négatives. En particulier, les autorités de régulation ne font aucune analyse des risques inhérents à la disparition des moyens de paiement anonymes et à la mise en place d’un système de surveillance financière de masse. Pourtant ces risques existent et ils ne sont pas négligeables du tout !! Si la loi nous oblige à divulguer notre identité ou notre domicile et nos coordonnées bancaires pour chaque transaction, ou si la loi oblige les commerçants, les banques et au final n’importe quel intermédiaire financier à recueillir, stocker, et communiquer ces informations personnelles à des cellules de renseignement, qui les centraliseront et les conserveront durant des années , que se passera-t-il le jour où ces données sensibles seront volées, vendues, ou utilisées à mauvais escient ? Qui peut prétendre que cela n’arrivera pas ?

L’usurpation d’identité et de coordonnées bancaires coûte des dizaines de milliards de dollars chaque année et a déjà affecté des centaines de millions de personnes dans le monde. Ceux qui en ont déjà été victimes comprennent certainement la menace. Quant aux exemples historiques de programmes de surveillance de masse ayant viré au cauchemar, ils ne manquent pas. Toute personne ayant eu la joie de naître en RDA ou dans un pays du bloc communiste à la belle époque vous le confirmera certainement[3]. En réponse, le premier moyen vraiment efficace, simple et ancestral pour se protéger contre ces risques, c’est de ne pas communiquer, ou le moins possible, de données sensibles lors d’une transaction. C’est exactement ce que permettent les paiements en espèces depuis des centaines d’années et plus récemment, sur internet, les paiements en bitcoins. En revanche, dans une société sans moyens de paiement anonymes tout le monde est exposé quotidiennement à ces risques et il est absolument impossible de s’en prémunir efficacement. Une fois communiquée à un tiers, toute donnée sensible personnelle est susceptible d’être volée, vendue ou utilisée à mauvais escient. Plus la loi nous oblige à transmettre des données personnelles sensibles, plus elle nous expose à ces risques et il n’existe aucune mesure technique qui permette de pallier  ce problème (j’y reviendrai dans le prochain article).

La morale de l’histoire c’est que toute mesure de sécurité a ses inconvénients et la politique de lutte contre les moyens de paiement anonymes ne fait pas exception à la règle. Refuser de considérer les limites et les risques de cette politique de surveillance ne nous aidera pas à établir les bonnes mesures de sécurité pour combattre le terrorisme.

“Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore.”

Aldous Huxley, Bis Repetita !

Pire, cet aveuglement pourrait tous nous mener vers une société à la fois moins libre et moins sûre.

À propos de l'auteur

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Benoit Huguet

Co-Fondateur - Responsable d'Edition - Rédacteur chez BitConseil
- Impliqué dans l'écosystème Bitcoin depuis novembre 2012, Benoit Huguet est le fondateur de BitConseil.fr, auteur de nombreuses analyses à propos de la monnaie, de Bitcoin et de la comptabilité par Blockchain.
- Benoit est également administrateur du Cercle du Coin, association francophone à propos de Bitcoin, des blockchains et des monnaies décentralisées.
- Enfin Benoit est formateur architecte de registre distribué pour l'organisme de formation Eureka Certification. A ce titre, en partenariat avec cet organisme, il délivre des formations certifiantes adressées à tous les professionnels concernés par Bitcoin, Ethereum et les mutations qu'engendrent l’avènement des protocoles de consensus distribué.
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