Dash - Digital Cash

Dash – Une année passée aux côtés des Core Developers (première partie)

Nous ouvrons nos colonnes à Alex Werner, développeur de la monnaie numérique décentralisée Dash : à travers son point de vue et son expérience, il nous éclaire sur le fonctionnement du réseau et ses objectifs.

Dash – It’s Digital Cash.

Fancy, n’est-ce pas ?

Certes, il est possible que pour certains crypto-enthousiastes des premiers jours (vous ?), ce soit bien trop “marketeux” et que vous n’aimiez pas ça.

DarkCoinMais il me faut vous l’avouer : nous venons de bien loin, des premiers jours de janvier 2014, où nous étions connus sous le nom d’XCoin, jusqu’à l’ère Darkcoin (un mois après), avant que la communauté, inexorablement grandissante, s’accorde autour d’un consensus sémantique en mars 2015 : Dash.

C’est plus classe, bien plus facile à retenir, facile à prononcer dans plusieurs langues, il n’y a plus le “coin” derrière mais à la place le terme “cash”, ainsi qu’un logo sympa et unique. Cela tend à donner confiance à madame et monsieur tout le monde, et l’image un peu trop “dark net” y est retirée; pourquoi a-t-on fait cela ? Car c’est NOTRE PROJET !

Intéressés ? Laissez-moi vous en dire un peu plus, mais avant, règle de politesse oblige, je me présente très rapidement : je suis Alex Werner, développeur. Vous m’avez peut-être connu avec Dreamovies en 2006 – l’un des premiers sites de streaming, gratuit et sans publicité, alors que cette activité n’était pas encore légiférée. Il m’aura fallu quelque temps, mais j’ai finalement découvert Bitcoin en 2011. Après une phase de scepticisme, j’ai alors été convaincu et attiré par ce que je percevais comme étant la solution qui permettrait enfin de lutter contre ce que j’appelle de l’esclavagisme moderne par la création monétaire.

Dans la continuité de cette idée, et voyant une divergence au sein de Bitcoin, j’ai finalement rejoint en octobre 2016 la communauté Dash après quelques pérégrinations au sein de plusieurs autres cryptomonnaies. J’y retrouvai alors l’idée originelle qui m’avait séduit, et je consacre désormais le maximum de mes compétences et de mon temps à donner vie à la vision de la communauté.

Quasiment dé-bancarisé moi même, je suis rémunéré par la chaîne de blocs après le vote mensuel de la communauté, qui décide de la répartition des deux millions d’euros que le système de récompense/budgétisation nous délivre. Je ne suis pas le seul : chaque contributeur autonome, bug bounty[1], partenariat, intégration, DAO (Organisation Autonome Décentralisée), chaque projet est voté par la communauté et pour la communauté.

Pour ma part, je suis rattaché à l’une des DAO les plus actives en ce qui concerne le développement technique de Dash sous le titre de lead developer back-end.

Pour faire au plus simple, cela signifie que je m’occupe de gérer la conception, les futurs développements et les problématiques techniques de Dash Evolution sur la partie que l’on pourrait qualifier d’“invisible” (orientée masternodes); tout en restant bien évidemment le référent technique de mon équipe et ayant une partie quelque peu “managériale” qui consiste à planifier temporellement les développements (roadmap et méthodologie agile), gérer le recrutement de nouveaux membres, participer activement à rencontrer/discuter avec la communauté (Slack, Twitter, reddit, meetups, conférences, cafés avec les Toulousains…).

DAO ? Back-end ? Masternodes ? Evolution ? Mais de quoi diable parles-tu ?!

Ne vous inquiétez pas, je suis là pour vous expliquer tout ça !

Tout d’abord, laissez-moi vous parler de la raison d’être de Dash : nous sommes plusieurs parmi l’équipe à avoir connu Bitcoin dans ses premières années, et nous l’avons espéré comme un véritable moyen de paiement au jour le jour, sans le limiter à une réserve de valeur à la façon d’un “or digital”. Du coup il aura fallu réunir la communauté autour de la même vision au sein d’une cryptomonnaie : Dash.

Notre objectif premier est d’offrir une solution d’indépendance face à ce que l’on estime être de l’esclavagisme monétaire, piégeant nombre de gens au sein d’un système truqué.

Que l’on ne s’y trompe pas, nous restons basés sur un fork de Bitcoin, et nous profitons des avantages que cela présente, notamment les mises à jour en termes de sécurité, d’améliorations et d’optimisations. Nous effectuons le monitoring de chaque ligne modifiée du code de Bitcoin en appliquant les correctifs que nous souhaitons, et en évitant les fonctionnalités dont nous ne voulons pas (cherrypick) : nous observons, nous discutons, nous décidons, c’est un peu comme faire ses courses. Car peut-être ne l’imaginiez-vous pas, mais même l’équipe de Bitcoin participe au développement de Dash (indirectement, et d’ailleurs c’est le cas pour la plupart des librairies également – on utilise l’existant pour construire dessus et améliorer).

Au-delà de tout ceci, voyez ce long débat inexorable autour de la question “est-ce que Bitcoin doit permettre de payer son café ?” : chez Dash, nous sommes très clairement en faveur du oui. Bitcoin a décidé pendant un temps de prendre un autre chemin, et c’est ainsi que Dash est apparu. Dash entend offrir non pas seulement une alternative aux banques (livret A/épargne), mais une alternative à Visa/Mastercard.

Du coup, nous sommes exigeants, car non contents de vouloir un réseau capable de supporter de nombreuses transactions à faible montant, nous les voulons rapides. Nous avons donc testé un temps de confirmation plus court de 2,5 minutes (en comparaison, Bitcoin propose un temps théorique de 10 minutes – problématique de scalabilité actuelle mise de côté). Pour une somme conséquente, il est recommandé (BTC ou Dash) d’attendre 6 confirmations pour être tranquille.

Dash - InstantSendMais c’est bien trop long deux minutes et demi, et bien que j’adore ma boulangère, en tant que bon vieux développeur, je n’ai pas forcément grand-chose à lui dire pendant ces deux minutes d’attente. Ainsi est né en mai 2016 InstantSend, qui permet de confirmer une transaction en 1,7 seconde en moyenne, grâce à un système de consensus entre les masternodes.
Depuis ce moment-là, nous avons arrêté de concurrencer Bitcoin ou même Visa, mais directement Paypal.

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai une carte dite “Electron”, et je mets bien plus de 2 secondes au supermarché pour payer mes courses. Et comme, décidément, les renégats des cryptos que nous sommes sont très exigeants, nous avons aussi voulu des transactions à faible frais (à titre de comparaison, vous donnez 3% chez Visa, et 1 € chez Bitcoin si la chance vous sourit).

Réellement, une transaction doit être la plus faible possible (actuellement entre 0.003€ et 0.07€ pour une transaction standard); nous y tenons, déjà parce que certains d’entre nous sont des clampins à carte Electron, et parce que – ne vous inquiétez pas pour la rémunération de ceux qui sécurisent le système – nous avons une brillante solution ! [LAQUELLE?]

PrivateSendPlus encore, nous ne voulons pas tous que des curieux sachent que nous sommes consommateurs réguliers du café “Chez Claire” par exemple, donc nous avons implémenté PrivateSend, pour avoir le choix de payer notre café anonymement, mais sans pour autant enlever la possibilité pour une ONG de garder son livre de compte public. Ainsi, personne ne peut avoir accès à ces données, du fisc à l’assureur, de mon voisin jusqu’au mec qui souhaiterait connaitre les horaires auxquels je suis hors de chez moi pour me voler – ma femme elle-même serait bien trop surprise de s’apercevoir que je vois cette Claire si souvent.

D’ailleurs, BitMixer lui même (qui vient de fermer ses portes) vous conseille (entre autres) notre solution à cette problématique.

Ainsi, nous rivalisons d’ores et déjà avec Visa et Paypal en terme de frais, de rapidité, d’indépendance, d’anonymat et de sécurité, mais désormais, nous avons deux nouvelles lubies. Tout d’abord, nous voulons gérer un nombre de transactions par seconde convenable. À titre de comparaison, voici les valeurs gérées aujourd’hui par différentes solutions : 4 tx/s pour Bitcoin, 16 tx/s pour Dash, 450 tx/s pour Paypal, et 4000 tx/s pour Visa.

Eh bien, de quoi tu te plains, c’est quatre fois plus rapide que Bitcoin ton truc, pourquoi tu viens m’enquiquiner ?

C’est vrai, mais rappelez-vous, Bitcoin a cessé d’être notre concurrent en 2016, et nous visons désormais votre fournisseur favori de carte bleue. Il m’est avis que la seule raison pour laquelle le système laisse vivre les cryptos, c’est qu’après avoir étudié la partie technique de Bitcoin, et notamment la gestion des transactions à la seconde (forcément, c’est leur problématique propre), la conclusion fut que tout ceci n’est qu’un jouet pour nerds, incapable de rivaliser avez le grand et fort réseau bancaire d’aujourd’hui.

D’où notre roadmap actuelle, prévoyant de gérer 24 tx/s en novembre 2017 (si tout se passe bien via la version 0.12.2 dont vous pouvez suivre l’évolution ici), suivi d’une augmentation progressive jusqu’à 4096 tx/s dans les prochaines années. J’anticipe votre question : non, nous ne pouvons pas passer directement à 4096 tx/s. Il y a de réelles problématiques techniques derrière tout cela, et il nous faut pouvoir les gérer petit à petit.

Laissez-moi l’illustrer par un exemple (ce n’est pas le seul) : lorsqu’un bloc est miné, il est propagé à travers tout le réseau, et du fait de la liberté donnée à chaque mineur de choisir quelles transactions il y inclut (souvent en fonction des frais), il est compliqué d’utiliser uniquement la mempool[2] pour cela, d’où l’envoi de l’intégralité du bloc (avec ses transactions). Lorsque celui-ci est gros (plusieurs mégaoctets) et que le mineur a une connexion faible, la propagation se compte en dizaines de secondes, durant lesquelles un autre mineur pourrait trouver un autre bloc valide, et le propager plus rapidement grâce à une connexion gigabits (quand bien même il aurait été miné après).

Notre seconde lubie est d’offrir une véritable facilité d’utilisation : nous sommes partis des poches pleines de lourdes piécettes, nous en sommes venus aux billets, puis aux chèques, puis aux cartes bancaires, jusqu’à Paypal… Mais franchement, malgré la longue histoire de la monnaie, bien qu’il ait offert la première porte de sortie du système bancaire (avec les monnaies communautaires locales), Bitcoin est un retour un arrière en terme d’expérience utilisateur et de facilité d’utilisation.

Evan Duffield, créateur de Dash
Evan Duffield, créateur de Dash

Et bien justement, c’est pour ça que je peux me rendre enfin utile, comment ? Via Dash Evolution – ouais, je sais, nos “marketeux” sont vraiment en feu (bien que le nom soit en réalité celui de la roadmap et non pas le nom final) ! L’instigateur de Dash (Evan Duffield), ayant aujourd’hui un rôle plus éloigné en tant d’advisor, aime raconter l’histoire de sa grand-mère qui galère avec les crypto-monnaies : si seulement j’avais pu avoir cette chance… car moi, c’est carrément ma mère. Elle, qui malgré son PC Personnel depuis Windows 95, qui m’a fait goûter aux joies du modem 56K, avec son e-commerce dès début 2007, elle est aujourd’hui agacée car je ne lui ai toujours pas créé son compte Dash et que sa banque continue de faire des opérations de type pull sur son compte.

Eh bien, elle peut pas télécharger Exodus Wallet, et acheter son p’tit Ledger Nano des familles ?

Ouh la la, malheureux, ce n’est pas si simple (enfin pour vous et moi, si), elle ne comprend pas bien comment cela fonctionne, et ça lui fait peur.

Alors oui, elle va comprendre l’aspect nécessaire du projet, elle comprend mon combat et l’idéologie qu’il y a derrière, l’offre d’une solution aux dé-bancarisés (par choix ou par obligation), aux libertaires et aux enchaînés désireux d’être libérés du système. Mais bon, c’est technique… Alors on gruge, on essaye de faire des mnémoniques (les 12 ou 24 mots que vous avez planqués sur un papier), certains mentalistes vous donnent des techniques pour retenir par coeur votre adresse Bitcoin…

Mais franchement, dire “envoie-moi 5 dash à alex.werner@dash.org” et pouvoir utiliser son wallet partout sans avoir à télécharger des gigaoctets de données ni avoir à faire confiance à un service tiers, n’est-ce pas juste plus simple ? Et bien, nous vous comprenons, nous sommes d’accord et même plus, nous sommes sur le coup et ça arrive, plus vite que vous ne pouvez le penser.

Comment fait-on ? Eh bien, Dash utilise astucieusement différents systèmes, axés notamment sur la gouvernance à travers les masternodes.

Mais patience, nous verrons tout ceci en détail dans la suite de cet article à paraître prochainement.

La deuxième partie, c’est ici !

À propos de l'auteur

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Alex Werner

Lead Backend Dev. chez DigitalCash - Dash
Actuellement Lead Back-End développeur au sein de la DAO DashCore (DigitalCash - DASH). Autodidacte de nature, et développeur web depuis plus de dix ans. À suivi cinq années d'une école d'ingénierie informatique après s'être persuadé que s’endetter inutilement c'était cool !
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