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Billets d'opinionBitcoinFinance

Le marché des crypto-monnaies vient de traverser une sévère période de correction. Au vu de sa croissance spectaculaire l’année précédente, un tel mouvement est compréhensible : le prix du bitcoin était passé de 5000 $ à près de 20 000 $ en quelques semaines, sans phase de consolidation.

Pour sûr, les crypto-monnaies ne sont pas un placement de bon père de famille ! Nous le rappelons souvent dans les colonnes de BitConseil : il s’agit d’un investissement à risque, réservé à un public averti qui n’a pas froid aux yeux. La volatilité des actifs numériques décentralisés est telle qu’il n’est pas rare d’observer des variations de plus de 50% durant la même journée sur de nombreux altcoins.

Quant à Bitcoin, dont la mort a été annoncée plus d’une centaine de fois par la presse grand public, son histoire est jalonnée de corrections de grande ampleur :

Bitcoin correction

La correction de décembre 2017 – janvier 2018 est l’une des plus importantes de son histoire : depuis son all-time high à 19 892 $ le 17 décembre, le bitcoin a perdu près de 70 % de sa valeur, touchant un plus bas à 5873 $ avant de rebondir. Les volumes échangés furent considérablement élevés, tant durant la correction que lors du récent rebond. Il est possible que le cours du bitcoin lors de la deuxième moitié de l’année 2017 ait été guidé par la greater fool theory, que nous avions déjà évoqué lors de l’ICO de Gnosis

The greater fool theory – littéralement “la théorie d’un plus grand imbécile” : le prix d’un bien n’est pas déterminé par sa valeur intrinsèque mais par l’irrationalité des acteurs du marché et la disproportion de leurs attentes. Ainsi, même en achetant un bien surévalué, il y aura toujours un acteur encore plus crétin sur le marché pour acheter plus cher.

De nombreux spéculateurs ont investi dans Bitcoin alors que son cours était déjà fortement dopé, dans l’espoir de revendre au greatest fool.

Fear, uncertainty and doubt

Les raisons ayant provoqué cette correction drastique sont probablement nombreuses. Chaque analyste jugera tel ou tel facteur plus important qu’un autre : la seule chose dont on peut être sûr, c’est que le marché des crypto-monnaies est jeune, immature, et fortement dominé par les émotions. Nombreux sont les traders qui se vantent d’avoir d’excellents résultats en utilisant telle ou telle méthode d’analyse technique, mais dans la réalité, leurs décisions sont souvent compulsives; qu’il s’agisse d’achats massifs en cas de FOMO (fear of missing out, la peur de rater le train), de panic selling durant les phases de correction, de la sur-interprétation constante des news relatives au secteur ou d’actions complètement irrationnelles.

La FUD distillée par les médias de masse à propos de Bitcoin s’est amplifiée ces dernières semaines, avec de nombreuses déclarations de la part de banquiers, personnalités politiques, économistes ou entrepreneurs célèbres mettant en garde les investisseurs particuliers quant à la conception subjective de la valeur de Bitcoin (voire à sa non-valeur), à son non-avenir en tant que technologie monétaire, ou à son crash imminent. Les weak hands, les acteurs du marché qui ne sont pas intéressés par Bitcoin en tant que technologie mais uniquement par l’idée de réaliser des plus-values rapides, voyant donc Bitcoin non pas comme un investissement à long terme mais comme un pur pari spéculatif, se sont précipités pour vendre au premier signe de résistance. S’ajoutent également les early adopters qui ont souhaité prendre des bénéfices et les traders qui convertissent leurs bitcoins en monnaie fiat pour réaliser leur plus-value et payer leurs taxes : nombreux sont les acteurs du marché qui n’attendaient qu’un signal pour clore partiellement ou entièrement leurs positions.

Entre rumeurs et réalités, il y a tout de même des raisons de penser que tout n’est pas rose sur la planète Bitcoin et que l’écosystème présente des risques.

Le risque Tether/Bitfinex

Le plus gros risque auquel fait face la crypto-économie à l’heure actuelle, Bitcoin en tête, est certainement le “risque plateforme”. L’essentiel des volumes  échangés le sont à travers les plateformes de change, qui centralisent une très forte quantité de clefs privées. Le risque qu’une des plateformes de change majeures se fasse pirater ou fermer par l’autorité régulatrice locale est toujours relativement élevé; conserver la majorité de ses crypto-avoirs sur ces plateformes n’est donc pas recommandé. C’est évidemment un pré-requis pour les traders, mais les plus conservateurs posséderont toujours plus de bitcoins sur leur hardware wallet  que sur leurs comptes de trading.

Bitfinex est un cas particulier : il s’agit de la plus importante plateforme de change de crypto-monnaies au monde. En plus du risque de piratage (ce qui est déjà arrivé), Bitfinex est le premier promoteur de la cryptodevise tether et entretient d’étroites mais opaques relations avec l’entreprise émettrice.

Tether est une crypto-monnaie reposant sur le protocole OMNI (anciennement Mastercoin, une surcouche de Bitcoin) qui a la particularité d’être à parité avec le dollar. Cela présente de gros avantages pour les exchanges qui n’ont pas accès aux monnaies fiat : les traders peuvent ainsi réaliser leurs opérations en tethers (USDT) et profiter des avantages d’une devise au cours stable. Bien entendu, cela ne plaît guère aux gouvernements et aux régulateurs qui y voient là un moyen d’échapper à la régulation. De plus, l’entreprise Tether Ltd est étrangement secrète quant à l’état de ses réserves : chaque tether est censé correspondre à un dollar, mais aucun audit n’a permis à ce jour de confirmer ou d’infirmer que c’est bien le cas. Si l’on regarde la progression du nombre de tethers émis, le doute s’installe :

Tether Charts
La progression de la capitalisation (market cap) de Tether – en bleu – et les volumes échangés – en gris.

Ainsi, depuis novembre 2017, le nombre de tethers en circulation est passé de 440 millions à 2,2 milliards. Lorsqu’on connaît les relations difficiles entre Tether Ltd/iFinex Inc et les banques, que l’on y ajoute l’opacité totale autour des comptes de la firme, on ne peut que douter de la capacité de l’entreprise à disposer d’autant de dollars en réserve que de tethers en circulation. En clair, Tether Ltd est soupçonnée de s’inspirer du bon vieux procédé – très classique chez les banquiers – de la réserve fractionnaire; à savoir émettre plus de monnaie scripturale que ce que l’émetteur possède en réserve. Il est évidemment impossible de savoir quel est le ratio entre tethers réels (correspondant à de vrais dollars) et faux tethers (tethers non couverts par des dollars).

En termes de market cap, Tether semble faire pâle figure à côté des crypto-monnaies les plus populaires : l’USDT n’est placé que 17ème dans le classement de CoinMarketCap. Mais lorsqu’on classe ces mêmes crypto-monnaies en fonction du volume d’échange journalier, Tether prend une autre dimension : l’USDT est placé en deuxième ou troisième position, rivalisant avec l’ether. Plus de 2 milliards d’USDT sont échangés toutes les 24 heures, avec des pics à 5 ou 6 milliards. Si l’on rapporte ces volumes au volume global de dollars échangés toutes crypto-monnaies et places de marchés confondues, les tethers représentent désormais près de 20 % du volume d’échange global du marché. Cela fait une progression de plus de 4000 % en à peine quelques mois. Bien évidemment, l’augmentation exponentielle de ces volumes coïncide avec la folle ascension du cours du bitcoin. Cela pousse à penser que le prix de Bitcoin a été quelque peu manipulé et gonflé artificiellement grâce aux tethers.

Cette situation dangereuse est une vraie bombe à retardement pour le marché des crypto-monnaies :

  • Quand bien même les tethers seraient adossés à de vrais dollars, il y a un risque légal très important : leur principal usage est d’éviter les régulations et les contrôles des capitaux auxquels font face les plateformes de change. Le gouvernement américain risque de se fâcher très bientôt.
  • Si Tether Ltd a triché et ne possède pas les dollars annoncés, la banqueroute de la firme entraînera très probablement Bitfinex dans son sillage.

Le marché aurait-il déjà absorbé cette nouvelle ? C’est tout à fait possible. Tether, en refusant de lever le voile entourant ses finances (la firme a notamment remercié l’auditeur indépendant qui était chargé de vérifier ses comptes, ce qui n’inspire pas confiance, car en général, un auditeur congédié est un auditeur qui a des choses désagréables à annoncer), a engendré une panique généralisée.

Même si le marché n’a pas intégré cette donnée, la mauvaise publicité engendrée par cette situation aura fait fuir les investisseurs conservateurs et accéléré la pression juridique autour de l’écosystème.

Plus d’informations sur le cas Tether/Bitfinex sur Bitcoin Magazine (en anglais).

Le pire ennemi de Tether/Bitfinex : Bitfinex’ed (Medium et Twitter).

Recommandation BitConseil : éviter d’utiliser l’USDT tant que la situation n’est pas clarifiée.

La pression juridique

“La blockchain, c’est bien, mais Bitcoin, c’est mal.” Après plusieurs années d’efforts de la part des médias spécialisés dans les actifs blockchain pour informer le grand public, les gouvernements et les régulateurs, l’incompréhension – réelle ou feinte – règne chez nos dirigeants, qui ne veulent pas se rendre à l’évidence : en l’état, les applications concrètes des technologies de registres distribués et des blockchains sont les crypto-monnaies. Sans jeton de valeur natif, une blockchain n’est pas sécurisée et ne présente pas d’avantages par rapport aux bases de données centralisées existantes.

Nous avons souvent mis en avant dans les colonnes de BitConseil la résistance à la censure comme une propriété constitutionnelle de tout réseau décentralisé. Il semblerait que certains États et régulateurs soient tentés de vérifier si cette propriété fondamentale existe vraiment en accentuant la pression sur l’écosystème. Les mauvaises nouvelles – souvent exagérées par les journalistes – se sont succédées :

  • La Chine va interdire l’accès aux plateformes de change de crypto-monnaies à ses citoyens (blocage administratif).
  • Le Premier Ministre indien, Narendra Modi, connu pour son génie économique après avoir subitement démonétisé tous les billets de 500 et 1000 roupies dans un pays où 40 % de la population est non-bancarisée, a régulièrement manifesté sa méfiance à l’égard de Bitcoin et sa peur de voir la population adopter massivement ce système comme alternative aux circuits de paiement traditionnels. Très récemment, son Ministre des Finances, Arun Jaitley, a déclaré que “le gouvernement ne considère pas les crypto-monnaies comme des monnaies ayant cours légal et prendra des mesures pour éliminer leur utilisation dans le cadre du financement d’activités illégales ou du système de paiement”. Une nouvelle qui fut vite interprétée comme une interdiction pure et simple, même si ce n’est pas le cas. Il faut dire que de nombreuses banques indiennes gèlent les comptes de leurs clients utilisant des plateformes de change Bitcoin/fiat.
  • Le Directeur général de la Bank for International Settlements (Banque des Règlements Internationaux, la banque des banques centrales, institution privée dont les actionnaires ne sont autres que les banques centrales, chargée de définir le fameux pacte de stabilité financière) a déclaré récemment qu’il fallait agir urgemment contre les crypto-monnaies (intervenir politiquement) car ces dernières représentaient une menace contre la stabilité financière.
  • Visa a suspendu l’agrément permettant à certains émetteurs de cartes de crédit en crypto-monnaies d’opérer, Mastercard ayant déjà interdit l’utilisation de telles cartes hors de l’espace économique européen. Les deux géants surtaxent également les achats de cryptomonnaies via leurs cartes.
  • La France et l’Allemagne ont insisté pour aborder la régulation des crypto-monnaies lors du prochain sommet du G20.

Jouer au Loto, se ruiner au casino ou souscrire à des crédits délirants et s’endetter à vie ne pose aucun problème; par contre, transférer une partie de son Livret A, dont les intérêts ne compensent même pas l’inflation annuelle de notre chère “monnaie unique”, c’est très dangereux ! Est-ce dangereux pour les consommateurs infantilisés que nous sommes, ou l’est-ce pour un système au bord de l’implosion qui ne tient que grâce aux planches à billets numériques de la FED et de la BCE ?

La Deutsche Bank a évoqué un crash de Bitcoin comme l’un des plus gros risques financiers de l’année 2018. Bien qu’évoquant l’hyperinflation états-unienne comme risque premier, la Deutsche Bank est en revanche plus discrète à propos du marché des actions américain qui est sous perfusion de la Réserve Fédérale des États-Unis depuis 2008, à grand renfort de quantitative easings (même chose pour l’Union Européenne et la planche à billets de la BCE) :

Dow Jones et QE
Le Dow Jones et les quantitative easings, une longue histoire d’amour.

Cette pression législative et le “Bitcoin boycott” de la part de certaines banques sont certainement un facteur très influent sur le cours. Le rebond ayant surgi juste après le passage en deçà des 6000 $ correspond à la fin de l’audition du Sénat américain relative aux crypto-monnaies et aux ICOs. Si les régulateurs semblent très réservés quant aux levées de fonds, leur discours relatif aux monnaies numériques décentralisées elles-mêmes n’était pas hostile, bien au contraire, ce qui a grandement rassuré les investisseurs américains. En France, les tables rondes organisées par la Commission des finances du Sénat laissent penser que beaucoup de travail est nécessaire afin que la régulation ne tue pas l’innovation.

Les weak hands et les spéculateurs

Les mains faibles sont les spéculateurs qui ne sont pas entrés sur le marché des crypto-monnaies pour réaliser un investissement durable dans une technologie prometteuse, mais qui sont plutôt motivés par des gains rapides, et qui doutent généralement de la capacité du marché à soutenir une telle croissance. Une grande partie des investisseurs ayant propulsé le prix du bitcoin vers les 20 000 $ en 2017 semblent être des weak hands. Il y a également certaines entités qui tentent de manipuler le cours par diverses méthodes comme le spoofing (envoi de faux signaux haussiers ou baissiers), le wash trading (rachat/revente de ses propres positions avec des comptes multiples au sein de la même plateforme), ou encore le pump and dump : faire gonfler le cours d’une crypto-monnaie afin d’attirer les investisseurs débutants, irrationnels, émotifs ou mal informés, puis vendre massivement une fois que suffisamment d’argent y a été injecté. Ce sont ces investisseurs qui propulsent des projets sans valeur à plusieurs milliards de capitalisation, et ces derniers ont été très actifs sur le marché du bitcoin en 2017. Ni Nabilla, ni les petits épargnants n’ont la capacité financière pour propulser le market cap des crypto-monnaies de quelques dizaines de milliards de dollars à plusieurs centaines en moins d’un an. Certains nouveaux arrivants sont uniquement sur le marché pour profiter du comportement immature de ses acteurs, et les Bitcoin futures sont pour eux une aubaine car ils peuvent gagner doublement (pump and dump le marché sous-jacent tout en vendant à découvert les contrats à terme).

Les premières ventes massives des spéculateurs poussent les weak hands à vendre en panique, ce qui accélère la chute du cours. Nombre de ces entités sont des investisseurs qui sont à cheval entre la finance traditionnelle et les marchés de niche plus risqués. Certains sont tout à fait capables de critiquer ouvertement Bitcoin dans les médias tout en en achetant massivement, de façon discrète, une fois leur prix plancher atteint.

La forte volatilité pousse également les traders à en profiter grâce à l’effet de levier accordé par certaines plateformes, qui peut être très important : ainsi, les mouvements du marché sont amplifiés par les margin traders qui prennent des positions massives, à la hausse comme à la baisse. C’est également ce qui explique les rebonds spectaculaires du cours, lorsque les margin traders rachètent leur positions short.

Verra-t-on Bitcoin retrouver l’ivresse des sommets ou le marché est-il entré dans une phase baissière ? Il semble peu probable que la croissance de l’écosystème s’arrête, étant donné que de nombreux investisseurs ont raté le train en marche lors de l’année précédente, et comptent bien se rattraper en 2018.

Investir dans les crypto-monnaies : quelques conseils de bon sens

Les articles de BitConseil sont fournis à titre pédagogique et informatif seulement.

Avant toute chose, et pour tenter de calmer (un peu) les inquiétudes de Bruno Lemaire, rappelons que personne n’est obligé d’utiliser Bitcoin ou d’y miser ses deniers; il s’agit d’un réseau totalement ouvert que chacun est libre de rejoindre ou quitter à tout moment. Les investisseurs responsables doivent avoir à l’esprit le caractère volatil de l’actif bitcoin et s’engager dans ce marché en connaissance de cause.

Si vous ne comprenez pas Bitcoin, si vous n’aimez pas Bitcoin ou ne croyez pas en Bitcoin :

n’en achetez pas, tout simplement !

 

Tout le monde n’a pas l’âme d’un investisseur

Certaines personnes ne sont tout simplement pas adaptées psychologiquement à ce type d’activité. La gestion quotidienne d’un portefeuille d’actifs est un métier très difficile, stressant, ingrat et marginalisant. Il y a plus de perdants que de gagnants et l’amateur court un risque certain : ce n’est pas pour rien s’il existe des gestionnaires de patrimoine. Sur les marchés traditionnels, nombreux sont les investisseurs débutants qui se font tondre très rapidement par les traders plus aguerris disposant de plus de connaissances, d’expérience, de temps et de liquidités. C’est encore pire dans un marché de niche, immature et en pleine construction comme celui des crypto-devises. Être investisseur autodidacte et indépendant présente des avantages, comme le ratio temps investi/argent gagné, la liberté de fixer ses horaires de travail, mais également de nombreux inconvénients : une pression constante, l’impossibilité d’accéder aux avantages classiques de l’état-providence et la lourde fiscalité qui encadre ce genre d’activités. Il faut impérativement gagner suffisamment d’argent pour cotiser aux assurances privées (pas de sécurité sociale pour le trader) et pour pouvoir provisionner du capital pour ses vieux jours (pas de plan retraite pour le trader).

De même, l’investissement à long terme, même s’il est moins chronophage en termes de suivi, sera beaucoup plus coûteux émotionnellement dans un marché volatil comme celui des crypto-monnaies que dans les marchés traditionnels comme l’or ou l’argent.

Être lucide sur son aversion au risque et sa tolérance à la variance

Si perdre 30 % de votre capital en une journée semble insupportable, ne surtout pas se lancer dans ce marché extrêmement volatil. Même après des années d’expérience, il est très difficile d’avoir la maîtrise constante de ses émotions. Non seulement cela engendre de mauvaises décisions, mais cela peut rapidement devenir insupportable pour vos proches si votre humeur est conditionnée par les fluctuations financières de cette activité.

Développer de solides connaissances

Il s’agit d’une règle d’or préalable à tout investissement : développer de solides connaissances à propos des fondamentaux techniques et économiques des actifs que l’on souhaite acquérir. S’assurer de disposer du temps et des ressources nécessaires pour acquérir ce savoir théorique, mais aussi pour pouvoir l’expérimenter et l’appliquer sereinement. De même, développer une bonne culture financière générale est indispensable avant de s’attaquer aux marchés, quels qu’ils soient.

Diversifier son portefeuille avec des actifs traditionnels

Lorsqu’une partie de ses investissements chute de plus de 60 % en quelques jours, c’est psychologiquement beaucoup plus supportable si cela ne représente qu’un pourcentage faible de son capital, d’autant plus si d’autres actifs s’apprécient dans le même temps. Comme disent les grand-mères, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier : un portefeuille bien diversifié comportera des actifs traditionnels et solides (métaux précieux, commodités, actions, etc.) et des actifs à risque (produits dérivés, crypto-monnaies, ICO tokens…)

Échelonner ses ordres d’achat

Si l’on souhaite allouer mille euros à ce marché, pourquoi tout acheter en une seule fois ? Dans un marché aussi volatil, il est beaucoup plus judicieux de placer plusieurs ordres d’achat à différents prix. En trading, on ne génère pas du profit en vendant, mais en achetant judicieusement. Placer plusieurs ordres d’achat à différents prix permet d’optimiser son point d’entrée.

Compter la valorisation de ses altcoins en bitcoins et non en monnaie fiat

Lorsque l’on achète une action du CAC 40, il est toujours important de comparer la performance de son actif à celle de l’indice global. Il en va de même pour les altcoins : le cours d’un coin/token peut tout à fait être à la hausse par rapport à l’euro, mais à la baisse par rapport au bitcoin, dans le cas où ce dernier a fortement progressé par rapport à une devise étatique de référence. Cela signifie que plutôt que d’avoir investi ses euros dans un altcoin, il eut été plus profitable d’acheter et de conserver du bitcoin sur la période considérée. Bitcoin est la référence dans le marché des crypto-monnaies, le point de pivot le plus répandu entre ces actifs : en investissant sur le marché des altcoins, il faut compter en bitcoins ! De plus, cela entraîne notre cerveau à maîtriser différentes paires de devises, à étudier les corrélations entre divers actifs, bref, à voir le monde en bitcoins.

Ne pas vendre en panique sans raison valable (panic sell)

Dans ce marché très volatil, les occasions de paniquer et de vendre au pire moment ne manqueront pas. Le trader aguerri pourra jouer sur ces variations et vendre à découvert lors des phases de dump, mais l’investisseur qui a choisi tel ou tel crypto-actif car il croit fondamentalement en sa valeur au long terme ne devrait pas changer sa vision uniquement en cédant à la panique généralisée du marché. Si une crypto-monnaie offre un beau potentiel au long terme, les phases de corrections sont plutôt une opportunité pour consolider sa position et acheter plus de coins. Les fondamentaux techniques d’une bonne crypto-monnaie (niveau de décentralisation et de sécurité du protocole, modèles de consensus distribué et d’incitation économique) ne disparaissent pas du jour au lendemain.

Un bear market est l’occasion de pousser encore plus ses recherches

Plutôt que de paniquer, lors d’une phase de forte correction, intensifier ses recherches. Y a-t-il une raison technique ou économique à la dépréciation de tel ou tel actif ? Cet altcoin était-il correctement évalué ? Par quels facteurs cette crypto-monnaie résiste mieux que les autres ? Une analyse technique aurait-elle permis d’anticiper ce mouvement du marché ? Y a-t-il une bonne opportunité d’achat qui se dessine ? Les phases d’incertitudes sont parfaites pour prendre le temps de se poser les bonnes questions, de compléter ses connaissances au sujet de tel ou tel actif et des mécanismes du marché, et d’écouter ce que les investisseurs influents ont à dire.

Ne pas prendre la situation trop au sérieux

Si la règle d’or est respectée – ne pas investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre – il n’y a pas à déprimer ou à s’énerver lorsque son portefeuille est fortement déprécié. Les crypto-monnaies sont une expérience financière nouvelle, il faut accepter le risque inhérent. L’humour peut aider à relativiser les périodes baissières. Ces dernières sont également l’occasion de se changer les idées, de cesser de consulter les prix toutes les trente secondes et d’aller faire une balade en forêt avec sa famille ou une partie de pêche avec ses amis. Il y a des choses plus importantes dans la vie que les chaînes de blocs, les fonctions de hachage et les signatures de Schnorr, aussi belles soient-elles !

Crédits illustrations : Bitcoin in fire with bear trading chart par Kevin Studio (Shutterstock) - Statue Of 'Justice', Central Criminal Court, Old Bailey, London, England par Lonpicman (licence CC BY-SA 3.0)

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