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Fondamentaux

Parmi les différents cas d’application des registres blockchain, l’assurance fait sans doute partie des secteurs les plus en avance. De nombreux cas d’usage ont d’ores et déjà été déployés et sont opérationnels. Tour d'horizon des pistes de réflexion du secteur sur l'utilisation des registres distribués.

Blockchain et assurance : quelle compatibilité ?

Les technologies de blockchain ont parfois été considérées comme une menace pour le secteur de l’assurance, puisque nées d'une ambition de supprimer l'intervention des tiers de confiance. Pour autant, il est important de bien discerner les rôles de chacun afin de mieux comprendre ce que les registres distribués peuvent apporter au secteur.

  • Un risque d’impact négatif sur les courtiers

Une blockchain n'est autre qu'une base de données distribuée destinée à sécuriser les échanges et à simplifier les processus de gestion. En fluidifiant les processus et en sécurisant les échanges, les bases de données blockchain rendent superflue l’intervention des intermédiaires de mise en relation, en l'occurence, les courtiers. Le rôle de conseiller serait alors la seule plus-value restante du métier de courtier, alors même que ce rôle de conseiller est largement critiqué parmi les assurés. Au delà des activités de mise en relation telles que le courtage, d’autres fonctions d’intermédiaires dans le secteur de l’assurance pourrait également être remises en question : c’est le cas, notamment, des délégataires de gestion, qui verront leur utilité s’amoindrir face à la fluidification des procédés.

  • L’assureur, un tiers inamovible ?

Si les assureurs ne se sentent pas menacés par les technologies blockchain, c’est principalement parce qu’il est difficile de les considérer comme un tiers dont on pourrait aisément se passer. Etre assuré est aujourd'hui, dans la plupart des situations, une obligation légale, et il semble logique qu’une entité spécialisée puisse porter le risque pour l'assuré. 

L’émergence d’assurances P2P, apparues ces dernières années, viennent cependant remettre en question le format classique des pratiques assurantielles. Les blockchains pourraient faciliter le déploiement d’assurances P2P à grande échelle et voir ainsi entrer de nouveaux acteurs ayant la possibilité de se positionner sur le marché. Il s’agirait finalement d’une évolution du principe de mutualité, fondement de l’assurance.

Des projets de grande envergure mettant en jeu de très gros montants rendront cependant toujours préférable l’intervention de gros organismes assureurs capables de pouvoir porter un risque à hauteur de centaines de millions de dollars.

Les registres distribués comme les blockchains représentent donc davantage une opportunité qu’une menace pour les acteurs principaux du secteur de l’assurance. Facilitée, la gestion de contrats requerra moins de main d’oeuvre et devrait pouvoir aider les assureurs à se positionner sur des activités à plus forte valeur ajoutée. L’accélération des processus de décision et la diminution des coûts de traitement peut représenter de réelles opportunités pour proposer de nouveaux services aux assurés.

Blockchain et assurance : les cas d’usage

Les assureurs sont plusieurs à travailler sur des projets de blockchain et divers cas d’usage ont déjà pu être implémentés. Les principaux projets sont basés sur des smart contracts et concernent divers domaines de l’assurance : l’assurance P2P évoquée plus haut, les retards de vol, mais aussi l’assurance-vie ou encore l’assurance KYC.

  • Assurance P2P

Transparentes, infalsifiables et accessibles au public, les dApps offrent de nouveaux horizons pour basculer vers un modèle d’assurance collaborative. Certains acteurs se sont déjà positionnés sur ce créneau, comme Friendsurance . Son fonctionnement consiste à transformer des groupes d’assurés en communauté. Pour les petites prestations, le sinistre est couvert par le versement des primes. En cas d’excédent, les fonds communs sont redistribués en toute transparence. A l’inverse, en cas de prestations lourdes, l’assureur paie le surplus. Friendsurance est donc l’équivalent d’une mutuelle qui se couvre en réassurance sur les sinistres importants. Un business model intéressant pour faire évoluer le secteur de l’assurance vers un modèle plus collaboratif et plus décentralisé.

  • Assurance de retards de vol

L’utilisation des smart contracts est particulièrement adaptée à l’industrie de l’assurance. Axa est la première à avoir sorti un produit d’assurance basé sur un smart contract. Ce produit, nommé Fizzy, indemnise automatiquement le client en cas de retard de vol afin de leur faire systématiquement profiter de leur assurance de retard. Dans l’immense majorité des cas, les passagers assurés ne profitent en effet pas de cette assurance, faute de temps pour entamer la démarche d’une demande de remboursement, ou bien faute de pouvoir facilement justifier le retard du vol. Fizzy permet aux assurés d’être informés du montant de leur prime et de leur indemnisation en cas de retard. La blockchain est alimentée par des oracles pour contenir toutes les informations relatives aux heures de départ et d’arrivée des vols. Le smart contract déclenche alors un remboursement automatique pour tout retard de plus de deux heures.

  • Assurance vie

Une blockchain peut également s’utiliser pour faciliter la conformité d’une loi. Afin de répondre aux obligations de la loi Ekert, qui impose aux assureurs de distribuer les sommes conservées des contrats d’assurance vie en déshérence aux ayant droits, les assureurs utilisent désormais de manière expérimentale un système d’oracles pour vérifier le décès des assurés à fréquence régulière. Chaque décès donne lieu à une indemnisation automatique des bénéficiaires du contrat. La situation se complexifie néanmoins lorsqu’il est nécessaire de changer les noms des bénéficiaires, puisque les informations écrites sur une blockchain sont en principe immutables.

  • Assurance Know Your Customer (KYC)

Les assureurs ont également testé un processus de KYC pour faciliter le partage d’informations clients entre distributeurs, assureurs et réassureurs. IBM et le Crédit Mutuel Arkéa ont ainsi mis sur pied un écosystème de données afin de favoriser une meilleure connaissance de chaque dossier client pour proposer un service de meilleure qualité. Le même registre peut ainsi former une véritable institution assurantielle à partager avec chaque client concerné, afin de renforcer la confiance entre les deux parties.

Pour respecter la nouvelle réglementation européenne concernant la protection de données, ce projet devra s’adapter de sorte à être entièrement « RGPD Compliant ». Chaque blockchain KYC devra veiller à rendre possible l’effacement des données pour pouvoir appliquer le droit à l’oubli, et gérer rigoureusement l’accessibilité des dossiers pour assurer leur confidentialité.

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