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Fondamentaux

Introduites par Satoshi Nakamoto avec la création de Bitcoin en 2008, les blockchains ont depuis fait l’objet de nombreux cas d’études. Les enjeux des blockchains se posent à diverses échelles, et doivent être appréciés d’un point de vue global qui tienne compte de leurs défis technologiques, juridiques, fiscaux, mais aussi et surtout culturels.

Les registres décentralisés publics posent les bases d’une nouvelle économie en s’appuyant sur plusieurs piliers :

  • La décentralisation et la désintermédiation des sociétés, qui redessinent un nouveau paradigme de confiance.
  • L'immutabilité et la transparence totale des registres distribués, rendant l'information accessible à tous et traçable.

Des concepts portés par les valeurs profondément libertariennes des puristes du crypto-écosystème, qui devront relever de nombreux défis pour imposer leur vision du monde.

Blockchain et décentralisation : vers un monde plus juste

La décentralisation est l'un des premiers objectifs de la blockchain Bitcoin conçue par Satoshi Nakamoto en 2008.

La crise des subprimes montre à l'époque les dérives d'un système accordant une confiance et un pouvoir considérable aux banques, poussant le créateur de Bitcoin à inventer un système d'échange décentralisé laissé aux mains de ses utilisateurs. La cryptomonnaie est donc le premier cas d'usage - et à l'heure actuelle, le plus utile et le seul révolutionnaire - de décentralisation grâce aux registres blockchain, en permettant à toute personne du monde entier d'envoyer de l'argent en temps réel à n'importe qui, sans avoir à ouvrir de compte en banque.

Peu à peu, de plus en plus d'experts se sont également intéressés à des cas où la décentralisation pourrait profiter à tout type d’organisation économique, en posant les bases éthiques d’un nouveau modèle de gouvernance, qui pourrait donc tout aussi bien s’appliquer en politique.

La décentralisation du web en est un exemple intéressant. La découverte et le développement du cyber-espace dans les années 1990 annonçaient la promesse d’un nouveau monde, dont on se souviendra grâce à la fameuse Déclaration d’Indépendance de J.P. Barlow en 1996 :

« Grâce à internet, nous créerons une civilisation plus humaine et juste. Nous créerons un monde dans lequel chacun peut entrer, sans privilège ou préjudice dus à la race, à la puissance économique, à la force militaire, ou au lieu de naissance ».

Quelques réalisations manquent à l’appel 20 ans plus tard, et les citoyens s’interrogent précisément sur l’injustice et le manque d’éthique du web actuel : centralisation et sur-commercialisation de la donnée personnelle, concentration du marché avec l’apparition de géants tout-puissants (Amazon, Google, Facebook), et montée en puissance d’une économie de plateforme, tirant un profit gargantuesque du travail des uns et des autres à partir d’un simple espace de mise en relation. Ajoutons à cela la réglementation de la navigation et le blocage de certains sites dans de nombreux pays, qui relativise fortement la prétendue égalité d'accès "sans privilège ou préjudice dus à la race, à la puissance économique, à la force militaire ou au lieu de naissance".

C'est en partie à ces dérives que certains experts souhaitent répondre en s'appuyant sur les technologies de blockchain pour proposer un nouvel espace d'échange décentralisé, sans autorité de contrôle, sans tiers de confiance, et sans hiérarchie. 

L'objectif final étant de démocratiser la transaction, quelle que soit sa nature, en offrant à tout un chacun la possibilité d’être maître de son destin sans avoir à le confier entre les mains d’une autorité tierce. A l'heure actuelle, les trois principaux cas d'application de ces principes concernent :

  • La transaction monétaire grâce aux cryptomonnaies, en offrant à tous les citoyens du monde, même débancarisés et quelles que soit leur ressources, d’accéder à des services financiers,
  • Les modes de consommation, en permettant de garantir la traçabilité de chaque produit en associant blockchain et IoT (Internet des Objets), résolvant ainsi les fortes asymétries d’information entre producteurs et consommateurs,
  • Le vote politique, en instituant un système de vote décentralisé 100% sécurisé et anonyme, ouvrant un nouveau champ des possibles pour les pays où la corruption bat son plein.

Blockchain et désintermédiation : vers une société libre

La désintermédiation, autrement dit l’élimination des tiers de confiance, va de pair avec l'idéal de décentralisation libertarien porté par Satoshi Nakamoto. Dans un système d'échange de valeur décentralisé, la confiance n'est plus cédée à un intermédiaire, car les échanges se font en pair-à-pair. Cette confiance ne repose désormais plus sur le jugement humain, mais sur la fiabilité technique et l'impartialité du code informatique. Ce changement de paradigme est synthétisé dans la célèbre devise « Code is Law », et vise à court-circuiter tous les intermédiaires coûteux et non nécessaires. Il s'agit d'une économie estimée à 6 milliards d’euros à l’échelle mondiale.

Les premiers intermédiaires visés sont bien entendu les banques, mais beaucoup d'équipes porteuses de projets blockchain entendent étendre leur champ d'intervention à un panel d’intermédiaires nettement plus large, qui concerne aussi bien les intermédiaires financiers qu’institutionnels ou économiques. La désintermédiation reste l'un des principes les plus chers aux communautés s'intéressant aux blockchains et aux cryptomonnaies. Ce principe porte un idéal d’émancipation au moins aussi important que celui de la décentralisation, car un tiers de confiance possède souvent tout autant de pouvoir qu’un organisme de contrôle – les deux, bien souvent, ne faisant qu’un.

La suppression des tiers de confiance encourage un nouvel idéal basé sur une gouvernance participative et pair-à-pair, qui trouve son paroxysme avec les DAO (Decentralized Autonomous Organisations), organisations décentralisées et entièrement autonomes, ne nécessitant aucune intervention humaine.

Deux questions se posent alors :

  • D’un point de vue économique, on doit s’interroger sur le phénomène de destruction créatrice que définit Schumpeter, qui doit nous laisser espérer que les différentes blockchains créeront plus d’emplois qu’elle n’en détruiront pour impacter un changement économique positif.
  • D’un point de vue social, la question est de savoir, à l’heure où la société cherche davantage à se ré-humaniser qu’à s’automatiser, dans quelle mesure nous sommes disposés à nous passer de ces tiers pour automatiser la transaction en plaçant notre confiance dans un code informatique.

Blockchain et confiance, un changement de paradigme

La notion de confiance est donc au cœur des enjeux des blockchains et des cryptomonnaies. En introduisant l’idéal de désintermédiation, elle introduit également la notion de « trustless », c’est-à-dire d’un système n’ayant pas besoin de confiance entre ses utilisateurs pour fonctionner. Pour que le système fonctionne, il suffit d’avoir confiance en son code (« Code is Law »).

Pourtant, le code et le fonctionnement d'une blockchain dépendront toujours d’actions humaines : celles des développeurs, des nœuds du réseau, et de l’usage que ses utilisateurs en font.

Le célèbre cas du piratage de TheDAO a été le premier à introduire certains doute dans la communauté, remettant ainsi en cause le modèle de l’idéal trustless en réintroduisant le besoin d’intervention humaine pour rétablir l’ordre public et la morale. Une intervention allant pourtant directement à l’encontre de l’immutabilité des blockchains, particulièrement chère au cœur des puristes du crypto-écosystème.

La question de la légitimité est ici essentielle : l’humain est-il plus digne de confiance que le code ? Peut-on prévoir de réintroduire une couche supplémentaire sur une blockchain pour permettre une intervention humaine, sans risquer de rompre entièrement ses fondements et ses principes ? De même, peut-on raisonnablement considérer que l’immutabilité de la blockchain est un dogme inébranlable si celle-ci reste imparfaite pour garantir une gouvernance décentralisée correctement coordonnée ?

Le principal enjeu des blockchains n’est ni juridique, ni réglementaire, ni fiscal. Cet enjeu se situe bien davantage d’un point de vue éthique et sociétal, et implique une réflexion profonde sur ce que nous attendons de la technologie, pour ne pas confondre la fin avec les moyens.

Les défis des blockchains

Certains défis administratifs, juridiques, réglementaires et fiscaux devront également être relevés pour pouvoir compter sur le potentiel qu'offrent les registres décentralisés.

D’un point de vue juridique, l’immutabilité des blockchains pose la question du droit à l’oubli, principal problème pouvant heurter la conformité de la technologie avec le RGPD. L’unilatéralité des smart contracts introduit également tout un nouveau cheminement de réflexion autour du droit des contrats. L’absence de cadre juridique pose, comme expliqué précédemment, un problème en cas de dysfonctionnement ou de détournement du code qui rend nécessaire l’introduction d’un cadre juridique pour intervenir en cas de problème.

Des questions réglementaires demeurent également concernant la qualification juridique des cryptomonnaies et la fiscalité applicable aux plus-values réalisées. Une question qui se pose également pour l’encadrement légal des ICO, encore resté sans réponse dans plusieurs pays.

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