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L’ICO Conference était un événement dédié aux Initial Coin Offerings (les très controversées levées de capitaux en crypto-monnaies), organisé par Largillière Finance et DS Avocats au Palais Brongniart le jeudi 9 novembre 2017.

Cette conférence était destinée aux investisseurs, aux dirigeants de sociétés qui préparent leur ICO et aux experts.

Le public de l’événement fut nombreux et varié, allant du néophyte des crypto-monnaies au crypto-anarchiste pur et dur en passant par de nombreux investisseurs issus de la finance traditionnelle ou des gestionnaires de patrimoine et dirigeants de sociétés.

Première table ronde – État des lieux des ICO à ce jour

Modérateurs : Paul Bougnoux – Founding Partner Largillière Finance et Thibault Verbiest – Partner DS Avocats.
Intervenants : Florian Graillot – Partner Astorya.vc ; Christophe de Courson – Co-Founder & President Agentic Group France ; Thomas Bureau – Director Largillière Finance ; Simon Polrot – COO VariabL ; Chris Marcilla – Chief Compliance SnapSwap.

Afin de dresser l’état des lieux du secteur et répondre à la question faussement naïve de Thibault Verbiest “qu’est-ce qu’une Initial Coin Offering ?”, les intervenants ont commencé par présenter quelques chiffres :

  • Les montants levés via ICO sont astronomiques (plusieurs milliards d’euros) ;
  • Certains projets arrivent à recueillir des dizaines de millions d’euros en quelques heures voire quelques minutes ;
  • Le nombre de projets financés via les ICOs est en forte hausse ;
  • Le taux de réussite des ICOs est en baisse, passé progressivement de 80% à 40% puis 30%.

La différence entre de l’equity[1] classique et les ICOs fut tout d’abord relevée : souscrire à un token, c’est souscrire à la prévente de services. Il y a bien la notion d’écosystème de services autour de ces jetons de valeur. Cela pourrait évidemment s’apparenter au fait de “vendre un produit qui n’existe pas” !

Vu sous le prisme juridique, les ICOs ressemblent à un grand n’importe quoi; les récents déboires de Tezos ont été cités en exemple. Les tokens sont des hybrides entre actions et commodités, ils sont dans une zone grise : le token d’usage (utility token) risque de se retrouver requalifié en security (titre financier). De même, les ICOs sont très souvent similaires à des appels à l’épargne publique, qui sont interdits.

La valeur du token semble déterminée par la valeur du réseau sur lequel il s’appuie et du service rendu : les schémas de pump and dump[2] sont fréquents lors de la mise du token sur le marché. Pour l’instant, les montants levés proviennent surtout des gains en crypto-devises des early adopters[3] de Bitcoin.

Quelle serait donc l’ICO idéale ? Christophe de Courson a affirmé qu’il s’agit là d’un mécanisme génial favorisant l’innovation, concernant avant tout les startups situées entre la seed[4] et la série A[5] en termes de levée de capitaux. Une bonne ICO, c’est donc celle qui réunit une équipe compétente autour d’un projet existant. Cependant, la plupart des intervenants prévoient un taux d’échec très élevé pour ces entreprises.

Florian Graillot a établi le parallèle avec le crowdfunding. La pertinence de l’écosystème dépend de l’existence de services auxquels on rajoute une rétribution pour les utilisateurs et les investisseurs.

Les avantages des ICOs par rapport aux IPOs :

  • Les tokens créés sont extrêmement liquides.
  • Il n’y a pas besoin d’être un investisseur accrédité pour en obtenir.
  • Un marché secondaire s’établit très vite une fois le token listé sur les plateformes de change.
  • Ce sont des levées de fonds flexibles car elles se situent pour l’instant hors du cadre réglementaire.
  • La réglementation future dépendra de la nature du token considéré.

Les intervenants ont évoqué les risques financiers posés par ces levées de fonds. Simon Polrot a mentionné les ICOs d’infrastructures blockchain comme les plus intéressantes et a recommandé de bien étudier ces points avant d’investir dans quelque token que ce soit :

  • L’équipe de développement ;
  • L’intérêt du projet ;
  • Le sérieux technique et la pertinence des codeurs ;
  • L’état du marché.

Somme toute, ce sont des recommandations que doit suivre un venture capitalist tout à fait traditionnel. Il faut savoir bien étudier un projet, savoir s’entourer de personnes qui ont les compétences techniques pour en juger et regarder les advisors (conseillers) de chaque équipe de développement.

La question des éventuelles plus-values et du marché secondaire qui s’organise à la suite de ces levées de fonds a été soulevée :

  • De plus en plus d’ICOs sont soutenues par un fonds d’investissement, voire des personnalités publiques : elles furent qualifiées d’ICOs “vicieuses”, ces méthodes étant destinées à tromper la confiance de l’investisseur.
  • La question des bonus pour les investisseurs pré-ICO, qui font une bonne affaire, fit débat : ce système est très mal vu par Chris Marcilla, mais encore faut-il rappeler que les investisseurs pré-ICO sont ceux qui prennent le plus de risques, les avantages quant au prix de souscription étant la récompense.
  • Le listing sur les plateformes de change nécessite désormais de payer les plateformes en question, ce qui présente des problèmes d’équité.

ICO Pitch : NapoleonX et Pingvalue

Stéphane Ifrah a présenté NapoleonX, un asset manager[6] pour crypto-actifs. Le fondateur parie sur l’avenir des crypto-assets qui deviendront institutionnels. L’idée est de proposer une gestion quantitative, spécialisée dans les actifs liquides (ex : BTC/ETH) et le trading basse fréquence.

Laurent Leloup, fondateur de Chaineum, a présenté la startup luxembourgeoise Pingvalue, qui propose d’ajouter de la valeur aux interactions sociales en créant des réseaux d’expertise et de conseil incitant économiquement ses participants.

La vidéo de la première table ronde (Fintechs TV).

Key note – Fiscalité des investisseurs et des détenteurs de portefeuille Bitcoin – Spécial investisseurs

Intervenants : Guillaume Lucchini – Founder Scala Patrimoine et Christophe Billet – Partner DS Avocats.

En introduction fut évidemment évoquée l’impressionnante explosion de la devise numérique Bitcoin, décentralisée et non-régulée : avec plus de 630% de croissance depuis début 2017, Bitcoin a récemment dépassé la barre des 8000 $.

  • Estampillé “monnaie virtuelle”, Bitcoin n’est pas considéré comme une monnaie ayant cours légal au regard du Droit français (il est possible de refuser un paiement en bitcoins sans contrevenir aux dispositions de l’article R 642 du Code Pénal) ;
  • Il ne s’agit pas non plus d’un moyen de paiement au sens du Code Monétaire et Financier (il n’est pas émis contre la remise de fonds et n’est pas assorti d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à valeur nominale) ;

Selon l’administration fiscale, Bitcoin et les “monnaies virtuelles” sont des actifs virtuels et patrimoniaux (rapport “L’encadrement des monnaies virtuelles” de 2014 piloté par TRACFIN). Les bitcoins doivent donc en tant qu’actifs patrimoniaux être déclarés dans le cadre de l’ISF.

Les bitcoins sont à la base une rémunération pour un service rendu, le minage. Avec leur mise sur les marchés via les plateformes d’échange, on peut aujourd’hui acquérir ces actifs numériques contre des devises ayant cours légal sans participer au processus de création : la valeur des bitcoins résulte donc exclusivement de la confrontation entre l’offre et la demande, comme les autres monnaies.

Les lois relatives au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme obligent désormais les entreprises intervenant en tant qu’intermédiaires dans une opération de vente de cybermonnaies – activité de prestation de services de paiement – à procéder à divers contrôles (KYC) afin de s’assurer de la provenance des fonds (communiqué de l’EBA de décembre 2013). Elle doivent aussi disposer d’un agrément auprès de l’ACPR (position 2014-P-01 du 29 janvier 2014).

Lorsque l’investisseur souhaite convertir ses actifs en monnaie fiat comme l’euro, il doit déclarer ses plus-values; cela nécessite de conserver l’historique de ses opérations afin de ne pas faire l’objet d’une déclaration de soupçon à TRACFIN de la part de la banque dépositaire des fonds.

Les risques financiers que présentent ces actifs ont été mentionnés par les autorités :

Le contrôle des plus-values réalisées sur ces biens divers s’effectue donc a posteriori (réglementation sur l’intermédiation en biens divers, loi n° 2013-344 relative à la consommation du 17 mars 2014). Il y a deux cas de figure :

La distinction activité occasionnelle/habituelle est une question de faits propre à chaque espèce; on peut assumer que dans le cadre d’opérations de vente peu nombreuses mais périodiques, il s’agit d’une activité habituelle.

Les modalités d’imposition :

Les plus-values sont imposées au titre de l’impôt sur le revenu (taux progressif) :

  • Taux maximum de 45 % (plus les 3-4% du cas de la contribution additionnelle sur les hauts revenus)
  • CSG/CRDS : 9,7 % en 2018
  • Majoration de 25 % au gain réalisé en l’absence d’adhésion à un centre de gestion agréé (BIC) ou une association de gestion agréée (BNC).

Ladite adhésion doit intervenir dans les cinq premiers mois de l’année ou dans les cinq premiers mois du début de l’activité (qu’il s’agisse ou non de revenus professionnels). La question du “début de l’activité” se pose donc : est-ce la date d’acquisition des bitcoins ou celle de leur revente ? La précaution est donc d’adhérer dans les cinq premiers mois de l’année de cession.

Dans le cas où l’on passe par une société pour réaliser ses bénéfices, on est soumis à une double taxation : tout d’abord l’impôt sur les sociétés, puis la taxation des dividendes.

Les cybermonnaies sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en vertu de l‘arrêt du 22 octobre 2015 de la Cour de Justice de l’Union Européenne : Bitcoin est donc considéré comme un moyen de paiement par la Cour de justice car il est accepté par certaines parties.

L’ISF sera remplacé en 2018 par l’IFI, et le bitcoin sortira alors du champ d’application de l’impôt sur le patrimoine et n’aura donc plus à être déclaré. Bitcoin est également hors du champ d’application de l’exit tax (transfert du domicile fiscal hors de France) de par l’article 167 bis du CGI.

Préconisations pour l’investisseur souhaitant optimiser la sortie de ses actifs blockchain :

  • Conserver l’historique précis des opérations dans un livre de comptes ;
  • Privilégier les régimes micro BIC ou micro BNC (les seuils augmenteront en 2018) ;
  • Veiller à respecter la règle du prorata temporis (exercer en début d’année pour bénéficier du plafond maximal) ;
  • Utiliser la règle du quotient en cas de forte plus-value ;
  • Privilégier les déductions d’impôt aux réductions d’impôt ;
  • Être conseillé par un bon fiscaliste.

La vidéo (Fintechs TV).

Deuxième table ronde – ICO : IPO, crowdfunding or another animal to be regulated ?

Modérateur : Thibault Verbiest – Partner DS Avocats.

Intervenants : Thibault Verbiest – Partner DS Avocats ; Moses MA – Managing Partner FuturLab Consulting ; Peteris Zilgalvius – DG Connect, Co-Chair, FinTech Task Force European Commission ; Charlotte Davidson – Managing Associate Mishcon de Reya ; Jacek Czarnecki – Lawyer Wardynski & Partners ; Jed Grant – CEO KYC3.

En introduction, Thibault Verbiest a rappelé que l’AMF a récemment entamé une consultation publique. L’attitude de l’autorité est donc constructive, même si aucun de ses représentants n’a souhaité se rendre à la conférence. L’AMF analysera les tokens au cas par cas mais il est peu probable que ces derniers soient rangés dans la catégorie des biens divers. Elle invite tout porteur de projet souhaitant réaliser une ICO à se présenter à elle et insiste sur la nécessité d’effectuer un KYC strict (bien que ce ne soit pas exigé par TRACFIN) : le blanchiment d’argent représente un point sensible pour les régulateurs. Les seuils de ces contrôles anti-blanchiment restent à définir.

Charlotte Davidson a fait un tour d’horizon de la régulation des ICOs au Royaume-Uni qui se trouve sous l’égide de la FCA (Financial Conduct Authority). Pour l’instant, un avertissement a été publié mais ces levées de fonds ne sont pas encore régulées. C’est aux porteurs de projets de juger s’ils sont soumis ou pas aux lois existantes, au cas par cas selon la nature du token; dans le cas où les tokens offrent de l’equity, il seront très probablement considérés comme des securities, tout comme en cas de participation directe des utilisateurs/détenteurs sur la gouvernance du projet.

Selon elle, il y a peu de différences entre ICO et crowdfunding et les porteurs de projet manquent de certitudes.

Elle a précisé que les régimes des différents participants auxquels s’adresse une ICO sont cumulatifs. Charlotte Davidson a également mentionné deux projets, qui ont déjà approché le régulateur en désirant obtenir cette qualification de security. Il est cependant long et coûteux d’obtenir l’approbation d’une institution telle que la FCA…

Jacek Czarnecki s’intéresse depuis longtemps à l’aspect monétaire des actifs crypto. Désormais les ICOS et les tokens semblent être de plus en plus considérés comme des instruments financiers et des securities : il recommande aux régulateurs de ne pas appliquer les modèles existants. Pour l’instant, les régulateurs allemands et polonais ne se sont pas exprimés sur la question : il n’y a pas de cadre juridique spécifique. L’application de cadres existants dépend de la nature des tokens mais cela pose des problèmes car il est difficile de tracer la frontière à partir de laquelle une législation existante peut s’appliquer. Par exemple, en droit polonais, le concept originel de security est basé sur la notion de papier ou de document.

Jed Grant a mis en avant l’enthousiasme général autour des ICOs et a cité la crypto valley suisse en exemple. Au Luxembourg, les ICOs sont des bêtes étranges aux yeux des régulateurs qui ne savent pas très bien quoi faire avec. Les recommandations sont pour l’instant de ne pas investir dans des ICOs qui ne respectent pas les normes existantes concernant le KYC/AML : il a rappelé qu’il n’y a pas besoin d’être acteur d’un secteur industriel régulé pour que les exigences européennes s’appliquent (ex : vente d’une voiture), le plancher étant situé autour des 10 000 €.

Peteris Zilgalvius, de la Fintech Task Force de la Commission européenne, estime qu’en fonction du token, les ICOs seront classées dans les catégories security, commodity, currency ou subscription. La position européenne sera annoncée d’ici peu, et l’ESMA analyse la situation en ce moment-même. Le principe de neutralité technologique implique qu’il n’y aura peut-être pas de régulation. Un fintech action plan sera dévoilé en janvier prochain et la Commission s’assurera que la législation existante respecte ce principe de neutralité technologique; Peteris Zilgalvius a assuré que l’on verra très vite des tokens classés dans la catégorie des securities.

Moses Ma, de FutureLab Consulting, représentait les États-Unis à cette table ronde : “Trying to solve the problems of the future with tools of the past is a futility“. Persuadé que les technologies blockchain et les ICOs peuvent apporter de l’emploi, il insiste sur la nécessité de protéger les investisseurs à travers un cadre réglementaire.

Don’t look at fears, look at the future” : cette phrase résume ses recommandations pour la France. Cette dernière doit innover en profitant de l’ouverture de l’AMF. Il faut des ICOs pilotes qui font les choses bien et montrent l’exemple.

Aux États-Unis, le concept d’ICO fait débat entre les juristes qui ne sont pas tous d’accord pour englober les tokens dans la case des securities. En Europe, leur définition légale est plus stricte, mais les autorités n’ont pas encore statué sur le cas des jetons de valeur numériques : Moses Ma conseille d’engager un avocat américain avant de proposer un token aux citoyens américains.

La vidéo de la deuxième table ronde (Fintechs TV).

Une ICO au sein de l’UE : l’exemple de la musique sur Internet

Par Thor Pettersen – CEO InternetMusicLimited

Thor Pettersen a présenté les CopyrightCoins, la crypto-monnaie des royalties. L’industrie musicale ne peut pas s’accorder avec le business numérique en ligne : tout est complexe, inefficient, et les délais de paiement sont très longs lorsque l’on est un artiste. La solution réside dans un écosystème sécurisé, décentralisé et immuable.

Fonctionnement :

  • Le fournisseur de services achète des CopyrightCoins sur une plateforme de change ;
  • Il paie sa licence (relative à la diffusion des œuvres) avec ces tokens ;
  • InternetMusicExchange transfère le paiement des royalties sur le portefeuille du récepteur ;
  • Ce dernier peut, au choix, échanger ces tokens contre de la monnaie fiat ou les conserver.

Thor Pettersen a relaté son expérience avec les autorités de régulation estoniennes : il a reçu très rapidement la confirmation que les tokens n’étaient pas des instruments financiers.

Hush : More than a bank

Par Éric Charpentier – CEO Hush

Éric Charpentier a présenté la néobanque Hush : fort de son expérience passée dans le domaine de l’open banking, il souhaite désormais étendre l’offre bancaire à de nouveaux services en y incluant les crypto-monnaies. L’utilisateur pourra disposer d’un compte bancaire en ligne lui donnant accès aux devises les plus traditionnelles mais aussi à un crypto-wallet, ainsi qu’à une carte de débit associée. L’engagement des utilisateurs sera récompensé en tokens, et ces derniers permettront de participer activement au développement de la plateforme.

Abble

Par Claude Mas

Aujourd’hui, les consommateurs manquent de pouvoir d’achat : l’idée d’Abble est de transformer leurs dépenses en épargne. Pour cela, il faut utiliser les solutions qui permettent de récupérer les données (bancaires notamment) du consommateur, les agréger, et les confronter aux offres disponibles sur le marché (produits) afin de lui permettre d’utiliser ses données personnelles volontairement, pour son propre compte, en générant des revenus complémentaires par leur revente aux annonceurs/distributeurs.

 

Troisième table ronde – ICO, Mode d’emploi – Comment réussir son ICO ?

Modérateur : Paul Bougnoux – Associé Fondateur Largillière Finance

Intervenants : Paul Bougnoux – Associé Fondateur Largillière Finance ; Clément Francomme – CEO & Founder Utocat ; Frédéric Bellanca – Partner DS Avocats ; Yael Rozencwajg – Co-Founder CEO Blockchain Israel ; Jean Christophe Ramos Galver – Founding Partner Founders Ventures

L’Initial Coin Offering est un levier pour financer plus et plus vite. Cependant, à cause de l’incertitude réglementaire, les venture capitalists s’en tiennent pour l’instant à l’écart.

Quelles sont les questions-clefs de la crypto-économie ?

  • Comment va fonctionner mon tokenIl s’agit de définir son usage : rôle, fonctionnalités et objectifs. Il faut, selon F. Bellance, avoir les idées claires et être capable de qualifier le projet en question. Il faut surtout donner la bonne information à ceux à qui le produit va s’adresser et bien décrire l’évolution du projet dans le temps.
  • Quel est le niveau de sécurité du token et de l’ICO ? Outre l’aspect du risque légal, il y a le risque technique : on estime qu’un utilisateur sur dix a été victime d’un vol sur le réseau Ethereum.

Selon Clément Francomme, le modèle économique d’une ICO est la titrisation de sa réputation : la valeur du token est en réalité la valeur estimée du projet.

Les problématiques réglementaires : quoi, à qui et où ?

  • Quoi : l’utilité économique du business sous-jacent. C’est ce qui déterminera le régime juridique du token. Même s’il n’y a pas de réponse stable au régime juridique, une approche transparente est recommandée, surtout dans le cas où le régulateur est bienveillant.
  • À qui : l’ICO est une levée de fonds user friendly et “spéculateur friendly”, qui ne s’adresse pas forcément à des investisseurs agréés ou professionnels.
  • Où : il faut comprendre les cadres juridiques existants et ne pas s’y frotter s’ils ne sont pas clair.

Paul Bougnoux a décrit le séquençage d’une Initial Coin Offering :

  • L’idée : la légitimité du business.
  • L’équipe : c’est elle qui doit prendre en charge les aspects technologiques de la levée de fonds (choix de la blockchain, modèle d’émission…) La qualité des advisors est un élément de réassurance de l’investisseur. C’est l’équipe qui produira et présentera son whitepaper aux souscripteurs.
  • Le business : le modèle économique, les cibles, les besoins financiers du projet…

Pour Jean Christophe Ramos Galver, les ICOs sont un moyen d’innovation formidable et la France doit saisir cette opportunité. Clément Francomme mentionne la fragmentation de la complexité réglementaire selon l’utilité du token; s’ajoute à cela l’application de juridictions extra-territoriales selon la localisation des investisseurs à qui l’on s’adresse, ce qui nécessitera des études juridiques de qualification. C’est un processus complexe et coûteux : lorsqu’on s’adresse à des investisseurs étrangers, il faut se poser la question de savoir s’il ne faut pas faire valider préalablement le token par les autorités en question.

Comment faire bénéficier les actionnaires d’une entreprise des fonds levés via une ICO ? Cette question est anxiogène pour les actionnaires traditionnels, à cause du risque de réputation. La transparence quant à la levée de fonds et sa co-construction avec les actionnaires du projet sont donc de mise.

La vidéo de la troisième table ronde (Fintechs TV).

Stampify – Plateforme décentralisée de gouvernance d’entreprise

Par Laurent Kinet

Stampify souhaite apporter des solutions à un problème bien connu : toute la paperasserie relative aux entreprises – notaires, auditeurs, compteurs, etc. – qui est en réalité une alternative au manque de confiance. Stampify automatise ces procédés, notamment via Ethereum : par exemple, les pactes d’actionnaires sont inscrits dans la blockchain.

Booking Token Unit – Nouveaux systèmes de réservation en ligne

Par Hervé Hababou

Les systèmes de réservation en ligne actuels sont basés sur le modèle du winner takes all. BTU souhaite changer ce paradigme en effectuant les processus de réservation directement sur la blockchain. Cette architecture peut être répliquée au sein de nombreuses autres industries que la réservation hôtelière.

Session de clôture – ICO, quel avenir ? Les prochaines étapes

Par Kim Dauthel – Co-fondateur de Solid et Vidal Chriqui – Chief Innovation Officer / Bitcoin and blockchain speaker

L’avenir des ICOs passera par l’application des procédures KYC découlant des lois relatives au blanchiment d’argent. Les tiers de confiance existants sont toujours respectés de nos jours et la blockchain est un outil : elle pourra même à l’avenir être utilisée par les banques pour améliorer ces systèmes de KYC. Kim Dauthel prévoit une ouverture juridique potentielle pour les ICOs : la spécificité des tokens nécessite une technologie et une législation adéquates. À l’avenir, le marché va donc continuer à se structurer et pourra être régulé : cela s’accélère avec les gros acteurs de la finance traditionnelle qui débarquent sur le marché des crypto-monnaies.

Vidal Chriqui a clos la rencontre en donnant un compte-rendu à chaud de la DEVCON3, la conférence des développeurs du réseau Ethereum qui fut organisée à Cancun.

L’état des lieux général est que les ICOs sont là pour durer : “crypto-capitalism is the new venture capitalism”. Toutes les sociétés qui peuvent faire des ICOs feront des ICOs.

Cependant, Vidal Chriqui a rappelé qu’Ethereum n’est encore qu’en version alpha et présente de nombreux bugs, aussi tout le monde fait un peu n’importe quoi pour le moment. Certains acteurs commencent cependant à prendre les devants concernant l’aspect régulatoire : il a cité CoinCenter, qui fait du lobbying auprès de la SEC.

Les tokens révolutionneront les securities lorsque le secteur sera régulé et que des plateformes en conformité avec le cadre légal établi exerceront.

Le standard ERC 20 étant limité, Vidal Chriqui a mentionné le nouveau format ERC 223, le token MiniMe, ainsi que la proposition relative aux upgradable contracts[7], car il n’est pas réaliste d’avoir un token immuable.

De nouveaux modèles de vente tels que KickICO, ICONOMI et MelonPort on été présentés, ainsi que le concept d’Interactive Coin Offering, offrant un meilleur price discovery aux souscripteurs.

En conclusion, Vidal Chriqui a rappelé les trois types d’ICOs : the good, the bad and the ugly. Choisissez la bonne !

Cocktail et networking

Les participants à l’événement ont pu échanger longuement autour de leurs projets respectifs et interroger les porteurs de projets sur leurs ICOs à venir. Ce fut également l’occasion pour les néophytes d’éclaircir certaines notions abordées durant les conférences et les tables rondes, l’univers des ICOs étant pour l’instant opaque et difficilement accessible sur le plan technique.

BitConseil se félicite d’avoir pu participer à une telle initiative, et, bien que les Initial Coin Offerings soient fortement décriées, tant de la part des investisseurs traditionnels que des puristes de la première heure (les Bitcoin early adopters), nous sommes persuadés qu’il s’agit d’un outil pouvant mettre la finance à la portée de tous, quel que soit son capital ou son réseau d’influence.

 

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