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Finance

J’avais évoqué dans un billet précédent l’intérêt croissant que portent les différents acteurs du secteur bancaire sur les crypto-technologies, et plus particulièrement Bitcoin et sa blockchain.

Il est important de noter qu’il y a désormais une séparation nette de ces deux entités dans le débat qui leur est consacré.

Tandis que Bitcoin reste considéré avant tout comme une devise, la blockchain en tant que révolution technologique intéresse le monde des services financiers de très près, et les réactions sont très variées, exactement comme le prévoyait l’EBA dans son rapport.

Mastercard lance un nouveau système de paiement “pair-à-pair” :

MasterCard Logo

Commençons par MasterCard, qui considère Bitcoin comme une menace majeure pour ses intérêts économiques, et à juste titre. La firme, qui impose des frais de transactions très élevés, ne peut entrer en compétition avec Bitcoin sur ce terrain-là et compte probablement sur les législateurs du monde entier pour protéger son monopole. Face à la montée des systèmes de paiements alternatifs, l’entreprise se devait bien de réagir autrement qu’en employant leur tryptique anti-Bitcoin habituel (blanchiment, drogue, terrorisme).

Le système de transfert de paiement qu’ils utilisent est vieux d’une quarantaine d’années : il s’agit de l’Automated Clearing House (ACH), très lié à la Réserve Fédérale américaine, utilisé partout au Etats-Unis et dans la majorité du globe. Et c’est la Fed qui a pressé MasterCard de lancer MoneySend, un système de paiement basé sur une technologie soi-disant pair-à-pair, qui devrait accélérer les transferts d’argent pour les utilisateurs de leur cartes de débit. Aucune précision sur leur fameuse technologie si ce n’est qu’elle n’est pas basée sur la blockchain de Bitcoin.

Une “innovation” de MasterCard qui semble un peu désuète face à Bitcoin, qui reste la technologie de transfert d’argent pair-à-pair la plus efficace.

Il y a certaines choses qui ne s’achètent pas. Pour le reste, il y a Bitcoin !

Bitcoin Art

Bitcoin, concurrent principal de Western Union/Money Gram

Les deux services de transfert d’argent, leaders du marché de la remittance (transfert d’argent d’un travailleur migrant vers son pays d’origine) sont restés assez silencieux face à l’apparition de Bitcoin et de systèmes financiers basés sur la blockchain. Bitcoin est en effet leur concurrent le plus sérieux – rapidité des paiements, frais de transaction dérisoires, pseudo-anonymat

Western Union Logo

Cependant, une information a filtré début mai, selon laquelle Western Union songerait à un partenariat avec Ripple Labs.

L’entreprise doit être en train de se rendre compte que Bitcoin les surpasse totalement sur le marché des remittances : si un travailleur Franco-marocain, par exemple, souhaite envoyer 500€ à sa famille, cela lui coûtera 20€; via Bitcoin, quelques dizaines de centimes.

La Commonwealth Bank of Australia intègre Ripple

Ripple mérite vraiment un article à part entière, qui ne tardera pas à venir. La firme est sur tous les fronts pour proposer sa technologie à travers le globe. Après avoir levé des fonds considérables sur le continent américain et auprès d’investisseurs chinois, Ripple vient de trouver un client de poids en l’une des quatre plus grosses banques australiennes, la Commonwealth Bank of Australia. La banque, qui a des filiales en Nouvelle-Zélande, en Asie, aux USA, au Royaume-Uni et même aux îles Fidji, a annoncé par la voix de son CIO David Whiteing qu’elle allait utiliser Ripple comme protocole pour ses transactions intra-bancaires.

Lors du forum de l’Australian Information Industry Association, Whiteing a déclaré :

« La CBA a testé des protocoles cryptographiques en interne, dont celui de Ripple Labs, qui sera utilisé comme moyen de transfert de paiements entre nos filiales. Nous allons pousser l’expérience, pour explorer les bénéfices de l’utilisation de ces protocoles dans le cadre des transferts intra-bancaires. L’idée est de voir ce que cela peut donner d’utiliser les crypto-technologies plutôt que les fournisseurs de services de paiements existants. Si vous regardez les protocoles de paiement d’aujourd’hui, ils ont 40 ans, c’est une très vieille technologie, susceptible d’être compromise »

L’Australie compte 25 millions d’habitants et on estime que 7% des bitcoins en circulation dans le monde seraient australiens. La situation législative est pour l’instant en plein statu quo, les entreprises ou les particuliers utilisant Bitcoin ou une autre cryptodevise sont tenus aux mêmes règles fiscales que s’il s’agissait de la monnaie fiat du gouvernement, le Dollar australien.

Citi suggère au gouvernement britannique de créer sa propre cryptodevise

Alors que l’arrivée de Wall Street dans la crypto-sphère divise les autorités régulatrices de l’Etat de New York face à Bitcoin, au Royaume-Uni, le gouvernement, qui est pour l’instant plutôt conciliant vis-à-vis des devises numériques, avait lancé un appel public pour recueillir des informations sur les bénéfices et les risques de l’usage de cette technologie.

Citi Logo

C’est la gigantesque pieuvre financière Citi (plus connue sous le nom de Citigroup, capitalisation de 124 milliards de dollars) qui apporte une réponse, avec son rapport de 18 pages.

En introduction, la Technology & Innovation Team du Citi’s Treasury & Trade Services déclare que l’adoption de la monnaie numérique est inévitable, même si l’avenir des devises actuelles comme Bitcoin reste flou. Le texte commence fort en proposant au gouvernement de créer lui-même sa devise numérique, qui serait moins coûteuse, plus efficace et plus transparente qu’en passant par la méthode actuelle. Mais notez bien que c’est le terme “numérique” qui est employé et non “décentralisée”.

Les nombreux avantages des cryptodevises sont ensuite énumérés.

  • Pour les citoyens :
    • coûts de transactions bas
    • polyvalence de la technologie permettant de relier individus bancarisés et non-bancarisés
  • Pour les entreprises :
    • meilleur back-office et coûts réduits pour les entrepreneurs
    • infrastructures plus rapides et plus sécurisées
  • Pour le gouvernement :
    • plus de transparence au niveau des transactions grâce à un système de registre infalsifiable
    • possibilité de collecter les taxes de façon plus rapide et plus sûre
  • Pour l’économie globale :
    • coûts de détention et de déplacement de l’argent réduits
    • pouvoir d’achat du consommateur augmenté, marché plus liquide grâce à la rapidité des transferts
    • digitalisation potentielle d’autres composants du système financier existant

Toujours selon le rapport, le gouvernement devrait soutenir le secteur plutôt que de maintenir le statu quo. L’absence de régulation claire crée un flou qui limite les acteurs légitimes de l’industrie, empêche des individus honnêtes non-bancarisés de bénéficier de cette avancée, limite l’inclusion financière, n’aide pas à réduire les frais de transaction et encourage la fraude.

A la question d’une régulation de type nationale ou européenne, les rapporteurs bottent en touche.

Le rapport devient plus alarmant lorsque la question de l’anonymat est évoquée : l’argent blanchi représente un manque à gagner considérable pour le gouvernement. C’est Darkcoin, devenu Dash, crypto-devise garantissant un très haut degré d’anonymat, qui est montré du doigt.

La question 13 est très intéressante : quels risques les cryptodevises posent-elles à la stabilité monétaire et financière ?

Lorsqu’un gouvernement européen pose une telle question, alors que l’Eurosystème est en état d’instabilité chronique, et que plusieurs de ses pays sont au bord du défaut de paiement, on peut commencer par sourire.

La réponse est sans appel : les risques concernent principalement l’emprise réduite des mécanismes de contrôle des taux d’intérêts et de réserves fractionnaires sur les individus.

Relisez l’angoisse de Satoshi et en lisant entre les lignes, vous comprendrez que le risque est bien que le citoyen puisse se soustraire au racket organisé par la BCE et les banques d’affaires privées. C’est dit noir sur blanc, et voici ce qui pourrait arriver à un monde fait de citoyens désobéissants :

  • volatilité des prix et faible liquidité (en totale contradiction avec les premières pages du rapport)
  • fluctuation des frais de transaction (idem)
  • absence de seigneuriage si la devise digitale est émise par une source non-gouvernementale (logique, c’est exactement le but)
  • visibilité réduite de l’activité financière (ça dépend du point de vue, la blockchain est publique)
  • contrôle réduit sur l’émission monétaire (évidemment)
  • contrôle réduit sur les taux d’intérêts (moins de yachts et de villas de vacances en perspective)

Le rapport conclut en déclarant que ces risques sont significatifs, faibles pour l’instant mais difficilement évitables en cas d’adoption massive.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

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